samedi, 01 février 2025
La stratégie "futée" de l'Allemagne: acheter du gaz russe via la France en le payant plus cher
La stratégie "futée" de l'Allemagne: acheter du gaz russe via la France en le payant plus cher
Andrea Muratore
Source: https://it.insideover.com/energia/lastuta-strategia-della...
Rien ne fonctionne dans la stratégie énergétique de l’Allemagne en pleine crise économique, politique et stratégique. Après avoir subi le double coup dur de la fin des achats de gaz russe par gazoduc et, en septembre 2022, du sabotage de Nord Stream dans la mer Baltique, il apparaît désormais que Berlin continue tout de même de recevoir l’or bleu de Moscou, mais sous une forme plus coûteuse et plus complexe. Plus précisément, depuis Dunkerque, dans le nord de la France. Près des plages où, en 1940, la Wehrmacht d’Adolf Hitler laissa échapper l’occasion d’asséner un coup fatal au corps expéditionnaire britannique fuyant la France alors occupée; une nouvelle humiliation, bien que plus subtile, est aujourd’hui infligée à Berlin par un pays considéré comme adversaire : la Russie.
Le court-circuit allemand
Le Financial Times a révélé que la compagnie énergétique nationale allemande Sefe a acheté 58 cargaisons de GNL russe en provenance du terminal de Yamal, en Sibérie, et arrivées à Dunkerque en 2024, contre seulement dix en 2023. Angelos Koutsis, responsable de la politique énergétique au sein de la boîte à penser belge Bond Beter Leefmilieu, a déclaré au FT que « l’Allemagne a interdit l’importation de GNL russe dans ses ports. Mais les importations officiellement en provenance de France et de Belgique sont en réalité en partie composées de gaz russe. »
Nous sommes certes loin de l’ancienne hégémonie russe dans le mix énergétique allemand, mais le FT estime que Berlin « reçoit encore entre 3% et 9,2% de son approvisionnement en gaz depuis la Russie via d’autres pays».
Le GNL russe ne disparaît pas de l’UE
En 2024, les importations de GNL russe en Europe ont atteint un niveau record, avec plus de 17 milliards de mètres cubes d’or bleu transportés par voie maritime. Un tiers de ces cargaisons ont été achetées via des contrats négociés au jour le jour au prix marginal (spot market), ce qui signifie que les navires sont « achetés » avec leur cargaison après leur mise en mer. En tirant parti d’économies d’échelle favorables, la Russie parvient ainsi à récupérer des parts de marché face aux États-Unis, au Qatar et à la Norvège dans la course au GNL européen, réintroduisant sur le marché une partie du gaz évincé par l’Union européenne.
À l’avenir, après avoir augmenté de 500% ses achats de GNL russe en 2024 et s’être imposé des coûts de transport plus élevés via la France, Berlin, dont l’industrie est en grande difficulté, pourrait devenir l’un des principaux contributeurs indirects au boom de la demande de gaz russe par voie maritime. Un phénomène qui s’est déjà manifesté dans les quinze premiers jours de 2025, période durant laquelle, selon Sky Insider, « l’Europe a acheté à la Russie plus de 837.000 tonnes de GNL, soit une augmentation de 10% par rapport à la même période en 2024 et de 23% par rapport à 2023 ».
Pour l’Allemagne, cette situation soulève une fois de plus des questions sur ses choix politiques, impliquant à la fois le gouvernement sortant d’Olaf Scholz et son successeur probable, le leader de la CDU, Friedrich Merz. Ce dernier mène une campagne électorale en attaquant agressivement Moscou, mais pourrait, en cas de victoire le 23 février, se retrouver à gérer un nouvel énième paradoxe berlinois, après ces trois longues années de turbulences.
17:14 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, gaz, allemagne, europe, affaires européennes | |
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jeudi, 30 janvier 2025
L’extrême-droite en Europe: tout va changer pour que rien ne change
L’extrême-droite en Europe: tout va changer pour que rien ne change
Pierre-Emile Blairon
Toujours en retard d’une guerre ou, en l’occurrence, d’un changement de pouvoir aux Etats-Unis, l’extrême-droite française tente de sauver la face en vantant les mesures radicales prises par la nouvelle administration Trump ; c’est le choix fait in extremis par Marion Maréchal en étant présente à l’investiture du nouveau Président américain ; elle tente de sauver les meubles face au Président du RN, Jordan Bardella, qui a stupidement moqué les figures politiques françaises qui ont fait le voyage à Washington.
Las, cette « extrême-droite » n’est plus crédible : en voulant se « dédiaboliser », c’est-à-dire en renonçant à ses fondamentaux et à ses convictions, elle a donné trop de gages à l’idéologie « woke » qui régissait l’ancienne administration américaine qui n’a plus sa place aux Etats-Unis. Mais qui sévit toujours en France et en Europe (celle de Bruxelles) pour le plus grand bonheur de Trump qui verrait d’un mauvais œil une nouvelle Europe se réveiller et redevenir une concurrente pour l’Amérique qu’il espère great again.
Ce n’est donc pas L’Amérique américaine de Trump qui servira de modèle à une éventuelle Europe dont Trump ne veut pas mais, comme si l’ancien deepstate de Biden avait choisi de se réfugier en Europe, c’est sur les bases décadentes de ce dernier que va se restructurer la nouvelle élite européenne où l’extrême-droite prendra vraisemblablement une position dominante.
L’Europe identitaire des peuples, des menhirs et des cathédrales, de l’honneur et des combats, c’était celle d’hier et ce n’est pas encore celle de demain.
Chauve qui peut !
« Je suis revenu d’entre les chauves » a récemment déclaré au Parisien l’ancien Premier ministre Edouard Philippe qui, souffrant d’alopécie, a vu soudain, ô miracle, ses cheveux repousser.
Il est surtout revenu d’entre les morts… politiques grâce à Marion Maréchal qui a ressuscité l’un des personnages les plus falots de la vie politique française.
Elle a en effet émis l’hypothèse que, dans une (très) large coalition de la « droite », il serait envisageable « qu’on puisse un jour travailler avec des gens comme Edouard Philippe ou une partie des macronistes de centre-droit[1] » (RMC les Grandes Gueules, 23 janvier 2025)
Il faut dire que « l’Etat profond » français n’a pas cessé de soutenir le Young world leader Edouard Philippe (promotion 2011) après son départ de Matignon le 3 juillet 2020.
Il va alors créer en 2021 un parti nommé Horizons qui se situera à « droite » de la majorité présidentielle pour annoncer, en 2024, qu’il sera candidat à la Présidence en 2027.
Ce que j’appelle « l’Etat profond » français est essentiellement constitué par les classes politique, médiatique et oligarchique (la dernière, représentée par la petite caste des milliardaires français, possédant la deuxième qui, elle-même, influence la première).
Cette expression, « Etat profond », en traduction française mot à mot, a une signification plutôt approximative.
En anglais, ou plutôt en américain, « deep state », elle désigne habituellement les forces occultes (qui me paraît une traduction plus judicieuse), qui gouvernaient l’Amérique avant la prise de pouvoir de Trump et qui sont en passe d’être éradiquées tout au moins aux Etats-Unis.
Quelle mouche a piqué Marion Maréchal ?
Les observateurs, comme on dit, ne s’attendaient pas à une telle prise de position de la belle et fringante députée européenne, surtout quelques jours après le décès de son mythique grand-père qui voit, une fois de plus et, cette fois post-mortem, son combat trahi au sein de sa propre famille. On appréciera à sa juste valeur la remarque ironique -mais cinglante - de Campagnol tvl : « La petite fille de l'éborgné fricote avec l'éborgneur », l’éborgneur désignant Edouard Philippe dans sa gestion féroce de la révolte des Gilets jaunes.
Car, dans l’exercice que s’est imposé Marion Maréchal, il faut maîtriser l’art du grand écart, ou celui de la schizophrénie (dans ce dernier cas, il ne s’agit pas d’une maladie psychiatrique, mais de la faculté de se dédoubler avec élégance, en n’y laissant rien paraître) pour, en même temps, comme dirait l’autre, pratiquer le discours souverainiste, si ce n’est nationaliste, constitué de l’annonce de mesures fermes et de bon sens qu’attendent les Français qui ont apporté leurs voix à « l’extrême-droite » et, d’un autre côté, prôner un rapprochement avec des politicards de métier (la « droite ») dont elle sait pertinemment qu’ils n’ont pas la moindre conviction, sinon celle de leur durée pantouflarde et rémunératrice au sein du Système et qu’ils se contentent de gesticulations verbales pour faire croire qu’ils vont prendre, enfin !, des décisions.
L’affaire Retailleau-Némésis
La récente affaire Retailleau-Némésis est symptomatique, voire caricaturale, de ce comportement.
Selon Sud-Ouest-AFP du 24 janvier 2025, « mardi, lors d’une conférence sur la sécurité intérieure, Bruno Retailleau a voulu « féliciter » Alice Cordier, présidente et fondatrice du collectif Némésis présente dans la salle, qui lui avait demandé la dissolution de La Jeune Garde antifasciste, un mouvement d’extrême gauche. « Bravo pour votre combat. Vous savez que j’en suis très proche », a déclaré le ministre… »
Mais le ministre de l’Intérieur a rapidement fait marche arrière en répondant à la journaliste Sonia Mabrouk : « J’ai vu, après, que c’était une association qui avait des positions très radicales, qui avait très brutalement d’ailleurs, par exemple, attaqué Valérie Pécresse, et je ne me sens pas du tout proche de cette association en tant que telle. »
Marion Maréchal a accordé à Benjamin Duhamel un entretien sur BFMTV le 23 janvier 2025 [1].
Le journaliste lui demandait, après avoir souligné que la députée RN Laure Lavalette avait dit de Bruno Retailleau qu’il « pourrait être le porte-parole du RN », ce qu’elle pensait du ministre de l’Intérieur qui félicitait la présidente du groupe Némésis, en précisant toutefois que ses proches avaient souligné que Retailleau « ne semblait pas tout à fait savoir ce qu’était le collectif Némésis ».
Marion Maréchal, qui avait anticipé, en toute connaissance de cause, ce qui allait se passer avait répondu qu’elle approuvait totalement les paroles de Retailleau sur Némésis avec, toutefois, un bémol « Je ne suis pas dans la tête de Bruno Retailleau, j’espère qu’il n’y aura pas de rétropédalage » prouvant ainsi qu’elle n’était pas dupe du comportement de cette droite dont elle souhaite rassembler les diverses composantes.
Le refus d’être soi-même et de défendre ses convictions
C’est l’art du mensonge et de l’illusion, une attitude qui peut payer à court terme, qui peut donner le change, artificiellement et superficiellement, mais qui ne tient pas sur la longue durée, ni confrontée à la vérité et aux exigences morales et spirituelles qui se font jour à nouveau contre le délitement de notre cadre de vie et la décadence de nos élites.
Le double discours, mais surtout la double attitude de Marion Maréchal, comme celle de sa tante Marine Le Pen ou du président du RN, Jordan Bardella, n’a pas de quoi nous surprendre ; c’est une constante depuis l’éviction de Jean-Marie Le Pen de son propre parti, le Front national, par sa fille en manque de respectabilité « républicaine » et, surtout, depuis le premier débat présidentiel Marine Le Pen-Emmanuel Macron où l’on a vu Marine le Pen refuser de donner ses propres arguments pour contrer les attaques de Macron, et bis repetitam avec le deuxième débat des présidentielles pour la deuxième investiture de Macron à la présidentielle. Nous avons régulièrement traité de ces curieux comportements qui s’apparentent à de véritables forfaitures dans nos colonnes depuis de nombreuses années.
Ce double discours a cependant permis au RN de rassembler les voix de près de 11 millions de Français ainsi grugés, et souvent contents de l’être, et ces voix constituent désormais un réservoir à disposition de qui saura habilement les utiliser puisqu’il semble que le légitime détenteur de ce pactole, le RN, ne sait pas quoi en faire et, en tout cas, n’en fait rien, sauf à profiter pour ses députés des ors de la République car il y a longtemps que Macron aurait pu être dégagé par une motion de censure.
Rappelons enfin que le discours de l’actuelle « extrême-droite » essentiellement représentée par le RN et, à un degré moindre, par Reconquête, s’appuie presque exclusivement sur la dénonciation de l’immigration incontrôlée et de l’insécurité qui en découle, et il ne s’agit plus alors que de vœux pieux ou, encore une fois, de gesticulation verbale car les Etats européens n’ont aucune possibilité d’agir dans ce domaine en restant affiliés à l’Union européenne qui dicte avec de plus en plus d’intransigeance ses lois à l’ensemble des pays adhérents et, particulièrement en ce qui concerne la gestion idéologique de l’immigration qui va à l’encontre des intérêts des pays membres à qui l’Union européenne impose des frontières-passoires et l’impossibilité juridique d’expulser ses clandestins.
Pour toutes les autres questions de société, « l’extrême-droite » ne se distingue en rien de la droite molle, voire de la gauche, sur des sujets aussi importants et scandaleux que la pseudo pandémie, les pseudo vaccins dont on commence à constater les effets létaux, la guerre de l’OTAN contre la Russie sous faux drapeau ukrainien, les énormes sommes d’argent supposées alimenter cette guerre grâce à nos impôts mais dépensées en pure perte puisque destinées à un gouvernement ukrainien corrompu qui les détourne, la blague du réchauffement climatique et toutes les contraintes absurdes qui en découlent comme la discrimination sociale par la vignette crit’air, (qui en parle ? qui la dénonce ?), la désindustrialisation de la France par la mise en place d’une dictature pseudo écologiste (nos fabricants automobiles acculés à la faillite, les ventes à l’encan de nos perles technologiques…), l’avortement constitutionnel, l’extension des théories du genre dans nos écoles primaires… et il y aurait des dizaines d’autres récriminations à formuler si « l’extrême-droite » française avait encore la moindre conscience politique et la moindre attention pour le peuple dont elle a su s’attirer les voix.
Tous ces importants problèmes qui nous pourrissent quotidiennement la vie sont justement ceux que l’administration Trump a pris en compte dès le premier jour de son arrivée aux affaires par la signature de centaines de décrets qui vont abolir toutes ces incongruités que le deep state américain avait mis en place sous la présidence de la marionnette sénile, Joe Biden.
Marion Maréchal n’a que peu de légitimité à invoquer les mesures radicales effectivement prises par le président Trump alors que la plupart de ces mêmes scandales n’ont pas été dénoncés, ne serait-ce qu’en paroles, ni par elle ni par sa tante lorsqu’il en était temps, alors que certaines questions de société ou de politique prônées par le macronisme, la gauche et l’U.E. ont même été appuyées par l’une et l’autre, et aussi par le président du RN Bardella, tout simplement pour faire plaisir au Système et à la bien-pensance en vertu de la fameuse « dédiabolisation », et pour donner des gages de soumission sans même qu’on le leur demande.
Les Young leaders
Revenons à notre mouton, Edouard Philippe, dont les sondages truqués annoncent régulièrement la victoire aux lointaines élections de 2027 alors que le personnage est totalement ignoré et oublié par l’ensemble des Français, mais c’est un Young leader, et c’est pour cette raison qu’il est poussé dans cette voie par ses mandants oligarques.
Qui sont ces Young leaders ? Il s’agit des alumni, mot latin qui signifie élèves, issus d’un programme mis en place par une école créée en 1981, un organisme privé d’obédience américaine, la French-American Foundation.
Cette école est le lien qui existe entre des personnages aussi disparates que François Hollande, Leonardo Di Caprio, Elon Musk, Nicolas Dupont-Aignan, Thomas Pesquet, Hillary Clinton, Valérie Pécresse, Charlize Théron, Emmanuel Macron, Marlène Schiappa, Christine Ockrent…
Difficile de leur trouver des points communs et de déterminer une méthode de sélection ; le fait est que beaucoup d’entre eux se sont bien intégrés dans le Système jusqu’à en devenir des piliers et d’autres s’en sont éloignés et ont réussi différemment.
Le Monde diplomatique de novembre 2016, sous la signature de Jean-Michel Quatrepoint, nous indique le but de cette entreprise : « Depuis 1981, cette fondation privée organise des séminaires de deux ans où une douzaine de jeunes Français côtoient les élites américaines de la même classe d’âge. Officiellement, l’objectif est de favoriser le dialogue franco-américain. En réalité, il s’agit de bien faire comprendre aux futurs décideurs français — entrepreneurs, responsables politiques, journalistes — les bienfaits de la mondialisation à l’anglo-saxonne. Certes, on constatera ultérieurement que, ici ou là, l’opération de séduction a échoué (avec M. Nicolas Dupont-Aignan, par exemple). Mais, dans l’ensemble, ces jeunes gens effectueront une brillante carrière au sein des structures de pouvoir et dans les affaires. Des personnalités qui ne feront pas dans l’antiaméricanisme…
Ce programme est révélateur de la stratégie d’influence des États-Unis. Celle-ci s’exerce de manière encore plus spectaculaire à travers le pantouflage des élites, notamment européennes, dans de grandes entreprises américaines. »
Est-ce une structure qui va perdurer avec l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump ?
Voilà qui me paraît fort vraisemblable parce que cela ne peut que faire perdurer l’influence américaine en Europe ou, pour être plus précis, la soumission de cette dernière aux diktats américains.
L’extrême-droite européenne : une cible idéale pour Trump et Musk
La doctrine de Trump et de Musk consiste à protéger l’Amérique et les Américains des dérives décadentes qui ont empoisonné son pays à l’intérieur et, à l’extérieur, de maintenir coûte que coûte la prépondérance du dollar et l’hégémonie financière, industrielle et économique des USA, l’une et l’autre mises en danger par la création des Brics.
Dans un article fort intéressant paru dans Euro-synergies intitulé « Cher Monsieur Musk, nous n'avons pas besoin que vous nous disiez comment rendre l'Europe formidable [2] », l’auteur, Lorenzo Maria Pacini, démonte l’entreprise de séduction menée par Elon Musk afin de rallier à la cause américaine les extrêmes-droites européennes qui sont l’élément faible de la classe politique européenne, puisqu’elles sont novices en politique, pour la plupart sincères dans leur démarche, quelque peu naïves donc, puisque leurs idées n’ont jamais réussi à les porter au pouvoir jusqu’à une période très récente ; elles sont, d’autre part, prêtes à composer avec toutes les forces qui leur permettront d’accéder à ce pouvoir qu’elles briguent depuis tant d’années.
C’est donc principalement dans cette frange de l’offre politique que les Américains vont tenter de raffermir leur contrôle sur cette Union européenne qu’ils ont créée, ne l’oublions pas, après-guerre le 9 mai 1950, tel que nous l’annoncions dans notre article du 4 mars 2023 : L’Ukraine, berceau et tombeau des Européens [3] ? : « Cette Amérique sera tout aussi présente après la guerre pour créer un organisme à sa botte qui s’appellera l’Union Européenne. L’un des fondateurs de cette structure sera Jean Monnet, agent de la CIA selon Marie-France Garaud, Philippe de Villiers, François Asselineau et bien d’autres, tandis que d’autres fondateurs de cette institution comme Robert Schuman et le belge Paul-Henri Spaak tiendront le rôle de simples exécutants au service des États-Unis. »
C’est donc dans cette même perspective que Lorenzo Maria Pacini écrit pertinemment :
« La campagne de restructuration de l'élite politique européenne a littéralement commencé, avec le même spoil system qui est déjà utilisé depuis un certain temps aux États-Unis et qui se poursuivra bientôt, avec Trump au pouvoir à toutes fins utiles, à un rythme soutenu.
Comme l'a noté l'analyste italien Matt Martini, le soutien à l'AfD, à Meloni, à Le Pen, voire à Farage, visera probablement à renforcer le bloc militaire euro-atlantique et israélien, mais sans aucune possibilité de croissance pour l'Europe, qui devra être définitivement désindustrialisée en faveur de la réindustrialisation des États-Unis, selon toute vraisemblance.
L'idée serait de consolider un bloc euro-atlantique, au moins temporairement, avec des Etats-Unis renforcés et dotés d'une plus grande profondeur stratégique (idéalement après l'annexion du Canada et du Groenland s'ils y parviennent), avec une Europe, réduite à un tampon militaire et économique pour contenir la Russie. La même chose sera recherchée dans le Pacifique en direction de la Chine.
Incapables d'éviter l'urgence multipolaire, les États-Unis chercheront à ériger de hautes clôtures en se retranchant dans leurs propres zones d'influence ».
C’est donc en toute logique que Marion Maréchal suggère un rapprochement avec Edouard Philippe que les Américains du deepstate de l’époque Biden avaient choisi pour succéder à Macron.
C’est aussi en toute logique que Marion Maréchal prend pour modèle Giorgia Meloni qui s’insère elle aussi dans cette restructuration de l’élite européenne soumise à l’Amérique, d’une part parce que le mari de la députée française est, lui aussi, député européen dans le groupe de Giorgia Meloni, Frères d’Italie, et, d’autre part, parce que cette dernière est pleinement en accord avec les options pro-européennes et pro-guerre de Marion Maréchal, ou vice-versa, et aussi parce qu’elle proche d’Elon Musk et d’Ursula von der Leyen.
Dans France-Soir, Xavier Azalbert, dans un article titré : Giorgia Meloni : un peuple averti en vaut deux, daté du 11 août 2023, écrit ceci qui va dans le sens du présent article et de ses références :
« Allons droit au but. Giorgia Meloni est un cheval de Troie. Volontairement ou involontairement, peu importe, elle permet la continuité d’une politique par d'autres moyens que la conviction et le respect de la parole électorale donnée. (…) Présentée comme une féroce adversaire à l'Union européenne, présentée à tort ou à raison comme responsable de tous les maux de l'Italie, la voilà désormais dans ses déclarations pro-UE, pro-Euro et pro-Otan. Un virage à 180°, à la vitesse d'une Maserati, qui a déjà été pris lors de plusieurs déplacements et rencontres internationales.
(…) Hé oui ! Cela se vérifie à chaque fois : l’engouement unanime des médias mainstream pour un ou une candidat(e) qui semble sortir des clous ou être le garant d'un renouveau se révèle systématiquement être le Cheval de Troie d'une politique pro-européenne et atlantiste. Les promesses n'engagent évidemment que ceux qui y croient mais, diable ! Jusqu'à quand?
Mais quid aujourd'hui des millions d'Italiens qui, eux, n'ont pas vu venir l'affaire et n'ont pas su reconnaître un authentique produit du système ? Que vont devenir leurs espoirs déçus devant tant d'hypocrisie ? »
Nous pouvons en dire autant des personnalités de l’extrême-droite française, hélas, et nous l’avons dit, qui vont nous concocter, avec leur homologues européens, une Europe au rabais sous la férule américaine.
Pierre-Emile Blairon
Notes:
[1] A partir de 20’ : https://www.bfmtv.com/replay-emissions/tout-le-monde-veut-savoir/marion-marechal-invitee-de-bfmtv-23-01_VN-202501230933.html
[2] http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2025/01/25/cher-monsieur-musk-nous-n-avons-pas-besoin-que-vous-nous-dis-6532532.html
[3] https://nice-provence.info/2023/03/04/ukraine-berceau-tombeau-europeens/
19:49 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : actualité, affaires européennes, europe, extrême-droite, politique, france | |
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mercredi, 29 janvier 2025
La tempête financière (parfaite) que l'administration Trump s'apprête à déclencher en Europe
La tempête financière (parfaite) que l'administration Trump s'apprête à déclencher en Europe
par Alessandro Volpi (*)
Bron: https://www.lantidiplomatico.it/dettnews-la_tempesta_fina...
La présidence de Trump est en passe de déclencher une tempête contre l'Europe. Les signaux sont nombreux. Les « Big Three » — Vanguard, BlackRock et State Street — ont décidé d'étendre leur empire infini en utilisant deux outils supplémentaires.
Le premier, en parfait accord avec la vision trumpienne, réside dans l’adhésion complète aux bitcoins qui, selon Larry Fink, pourraient atteindre une valeur de 700.000 dollars. Ce message, envoyé par le PDG de BlackRock, est véritablement impressionnant par les effets qu'il aura sur les marchés. Cela signifie que l'épargne européenne sera massivement orientée vers les cryptomonnaies, un secteur dans lequel l'Europe est pratiquement absente.
Le deuxième signal vient encore de Larry Fink, qui a exprimé son intérêt pour les titres européens et, surtout, pour l'épargne du Vieux Continent: un intérêt accentué par les craintes de rencontrer davantage d'obstacles sur les marchés américains en raison des « politiques » du nouveau président. Dans ce contexte, les choix de Vanguard et BlackRock, grands actionnaires des banques italiennes par exemple, seront déterminants pour les opérations en cours chez Unicredit, MPS, Mediobanca et BPM. Il est probable, à la lumière de cela, que ces fonds se rangent du côté de ceux qui continuent à leur garantir le monopole de notre épargne gérée.
Il est vraiment curieux, alors, que Giorgia Meloni s’efforce de soutenir et de définir comme nationale une opération telle que celle de la banque MPS, pleinement intégrée dans l'œuvre de colonisation de l'Europe par la finance américaine. En ce sens, avec Trump comme président, la soumission européenne risque d’être encore plus rude, car elle sera l’objet d’une action convergente des Big Three et de l’élite même du président, à commencer par la famille Musk. Et l’Italie se trouve véritablement au cœur de la tempête, incapable de se défendre tout en continuant à pratiquer le culte du capitalisme.
(*) Post Facebook du 27 janvier 2025
16:02 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finances, blackrock, états-unis, donald trump, europe, affaires européennes | |
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mardi, 28 janvier 2025
Un nouveau câble endommagé en mer Baltique
Un nouveau câble endommagé en mer Baltique
Source: https://report24.news/wieder-wurde-ein-datenkabel-in-der-...
Dans les premières heures de ce dimanche matin, un incident s’est produit en mer Baltique, aggravant la situation déjà tendue dans la région: un important câble de données sous-marin reliant la Lettonie à la Suède a été endommagé, le troisième incident de ce type en seulement trois mois.
Le câble à fibre optique concerné, qui relie la ville portuaire lettone de Ventspils à l’île suédoise de Gotland, a été endommagé à un moment où les tensions géopolitiques dans la région atteignent des sommets. Le Centre letton de radio et télévision a confirmé la perturbation, tout en assurant que des itinéraires de transmission alternatifs ont été activés pour maintenir la connexion des données.
La Première ministre lettone, Evika Siliņa, a réagi immédiatement, soulignant que l’incident était traité en priorité : « Nous travaillons en étroite collaboration avec nos alliés suédois et l’OTAN pour enquêter sur cet incident », a-t-elle déclaré dans un communiqué officiel. Les autorités ont déjà ouvert une enquête pénale et renforcé la surveillance dans la région.
Fait particulièrement préoccupant: au cours des 18 derniers mois, trois incidents similaires ont été enregistrés, où des navires marchands se rendant ou revenant de ports russes ont été soupçonnés d’avoir endommagé des câbles sous-marins. Bien que des responsables occidentaux, comme l’a rapporté le Washington Post, attribuent plutôt ces incidents à des accidents maritimes qu’à des actes de sabotage délibérés de la part de la Russie ou de la Chine, l’inquiétude quant à la vulnérabilité des infrastructures critiques ne cesse de croître.
La répétition de ces incidents a déjà conduit à des mesures concrètes. Le géant technologique Meta prévoit, selon TechCrunch, une nouvelle route de câbles sous-marins en forme de “W” autour du globe, spécialement conçue pour éviter les zones de tensions géopolitiques. Cette nouvelle route reliera la côte est des États-Unis à Cape Town et Durban en Afrique du Sud, puis passera par Mumbai en Inde, Darwin en Australie, avant de traverser le Pacifique pour rejoindre la côte ouest des États-Unis.
18:27 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mer baltique, baltique, europe, affaires européennes | |
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dimanche, 26 janvier 2025
Le "deep state" européen
Le "deep state" européen
par Enrico Tomaselli
Source : Giubbe rosse & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/il-deep-state-eur...
On a beaucoup dit et écrit à propos du deep state américain – et, inévitablement, on en a dit tout et son contraire, au point de perdre complètement de vue ce qu’il est réellement –, mais on n’a jamais parlé d’un deep state européen. Pourtant, il existe, et il devient de plus en plus visible. Il y a bien sûr une différence fondamentale avec celui des États-Unis, qui représente un ensemble composite, certes, mais néanmoins focalisé sur le maintien de l’hégémonie américaine sur le monde, tandis que celui de l’Europe est avant tout centré sur la préservation de lui-même et de son propre pouvoir.
Ce deep state européen est essentiellement composé de politiciens, de bureaucrates, de grands commis et de lobbyistes, en connexion croissante avec des militaires du commandement de l’OTAN. Il constitue de fait une sorte de franc-maçonnerie européenne, fortement engagée dans la promotion et la défense de ses membres, mais surtout dans l’exercice d’un pouvoir supranational de plus en plus envahissant – et de plus en plus antidémocratique.
Ce deep state s’est formé principalement au cours des 10 à 15 dernières années et a progressivement dépouillé les divers gouvernements nationaux – les seuls à disposer d’une quelconque légitimité démocratique – de tout pouvoir réel. La Commission européenne s’est de plus en plus caractérisée comme une toute autre "commission" : une véritable coupole de super-pouvoir dépourvue de toute légitimité démocratique.
De manière de plus en plus évidente, des figures occupant des rôles essentiellement représentatifs (président de la Commission européenne, secrétaire général de l’OTAN) ont commencé à agir et à se présenter comme des autorités suprêmes au pouvoir, non soumises à un quelconque contrôle de la part des pays qu’elles sont censées représenter – et qui, de toute façon, ayant progressivement renoncé à tout pouvoir effectif, continuent largement à ne pas s’y opposer, renforçant ainsi le rôle (abusif) de cette coupole.
Cette prise de pouvoir insidieuse s’est réalisée grâce à un parfait alignement avec le bloc de pouvoir dominant aux États-Unis – à savoir l’alliance entre les démocrates et les néoconservateurs – dans l’ombre duquel le deep state européen a prospéré. En d’autres termes, il s’est fait l’instrument docile de la faction dominante du deep state américain, trouvant dans cette soumission docile la garantie de son propre pouvoir sur le continent.
Inévitablement, donc, le changement des équilibres au sein du deep state américain provoque un bouleversement imprévu, et les membres du deep state européen ne savent plus très bien comment se positionner, indécis entre la subalternité historique à l’empire d’outre-Atlantique et la cohérence avec les axes politico-stratégiques auxquels ils se sont longtemps subordonnés.
L’émergence de la vérité brute sur la nature de la relation entre l’empire et ses pays vassaux – avec le désintérêt, voire le mépris, de la nouvelle administration américaine ouvertement affichés – s’ajoute à la prise de conscience qu’une période de marginalisation accrue, mais aussi de plus grande soumission, s’ouvre devant eux. Cela ébranle la coupole du pouvoir européen. La perspective d’une guerre aux portes orientales du continent, et surtout la crainte de devoir y faire face seuls, désoriente les membres du deep state européen, qui cherchent désormais, de manière confuse, à trouver un nouveau point d’équilibre, essentiellement pour préserver leur jardin.
Alors que l’axe géopolitique mondial se déplace inéluctablement vers l’Asie et que les structures de pouvoir européennes vacillent, les élites qui dirigent le continent depuis plusieurs décennies se referment sur elles-mêmes. La restriction des espaces de liberté et de démocratie – déjà largement amorcée pendant la pandémie, puis fortement relancée avec la guerre en Ukraine – devient de plus en plus une obsession dominante.
Pour l’instant, l’absence de forces véritablement antisystème (on ne voit que des mouvements d’opposition partielle) menace tout au plus le personnel politique de haut niveau, mais pas le système en lui-même.
Tristement, la seule perspective visible qui pourrait remettre en question cet état de choses serait une défaite dans la guerre, spectaculaire – et douloureuse.
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Manigances post-démocratiques aux USA
Manigances post-démocratiques aux USA
par Georges Feltin-Tracol
La momie de la Maison Blanche, Joe Biden, a prononcé dans la soirée du 15 janvier 2025 son ultime allocution télévisée. Au cours de cette intervention pathétique, il a dénoncé l’avènement d’une oligarchie. Il visait les soutiens de Donald Trump originaires de la Silicon Valley, en particulier Elon Musk et Peter Thiel.
En bon pantin de l’État profond yankee, Biden pratique l’inversion accusatoire. Son parti est depuis des décennies la marionnette de l’hyper-classe cosmopolite qui met en coupe réglée les États industriels de la planète. Son attaque insidieuse signale que la ploutocratie mondialiste à la tête de l’Occident global commence à s’inquiéter pour son avenir.
Le samedi 18 janvier, des anti-Trump manifestaient dans diverses villes contre l’investiture du 47e président des États-Unis. On lisait sur leurs banderoles: « Nous sommes le peuple ». Quelle prétention ! Ces manifestants ont perdu dans les urnes avec un écart de deux millions et demi de voix et ils persistent à croire qu’un nouveau Duce s’apprête à bâillonner la statue de la Liberté. Cette expression politique représente un autre symptôme de la post-démocratie dans l’Occident terminal.
En effet, la fin de l’année 2024 a connu de graves événements guère commentés par les officines médiatiques de grand chemin. Le 6 décembre, la Cour constitutionnelle roumaine fomentait un coup d’État en invalidant le premier tour de l’élection présidentielle deux jours avant le second tour et en annulant l’ensemble du scrutin. Tous nommés en alternance par les deux formations naguère hégémoniques du paysage politique roumain, les sociaux-démocrates et les nationaux-libéraux, les membres de cette instance justifient leur décision inouïe par la publication de rapports issus des services de renseignement de Bucarest, documents déclassifiés et autorisés par le président de la République, Klaus Iohannis alias la madone des aéroports internationaux.
Tout au long de ses deux mandats consécutifs de cinq ans, Iohannis a parcouru tous les continents aux frais des contribuables roumains. Populaire en 2014, il aurait dû quitter ses fonctions sous une impopularité record. Il renomme à la charge de premier ministre le social-démocrate Marcel Ciolacu pourtant arrivé troisième à la présidentielle avortée. Le succès inattendu d’une personnalité trouble, Calin Georgescu, ancien haut-fonctionnaire à l’ONU (22,94%), s’accompagne, le 1er décembre suivant, d’une forte poussée nationale-populiste aux élections législatives (31,88 % pour l’AUR – Alliance pour l’union des Roumains -, SOS Roumanie et le Parti de la Jeunesse). Marcel Ciolacu dirige maintenant une coalition gouvernementale pro-européenne et pro-atlantiste avec les sociaux-démocrates, les nationaux-libéraux et les représentants de la minorité hongroise.
Le 12 janvier dernier, des milliers de personnes ont manifesté à Bucarest contre l’interruption du processus électoral présidentiel, la formation d’un gouvernement de vaincus et le maintien en place d’un chef de l’État illégitime. Il faut craindre que ces gigantesques démonstrations de force ne servent à rien. Il devient même plausible que Calin Georgescu ne puisse pas poser sa candidature pour les 4 et 18 mai prochains. Les autorités l’accusent de s’être servi des réseaux sociaux financés par la Russie. Or les dernières enquêtes démontrent au contraire l’intervention massive et discrète des nationaux-libéraux sur Internet dans les derniers jours de la campagne afin de contrecarrer le candidat national-conservateur George Simion. Mais Georgescu ne s’est-il pas inspiré de la campagne victorieuse de Barack Obama en 2008 ?
Depuis la pseudo-révolution de Noël 1989 marquée par la première grande opération de désinformation sur les charniers de Timisoara, la structure politique roumaine procède d’un puissant État profond. D’abord d’émanation gorbatchévienne, il s’est vite tourné vers l’atlantisme, l’occidentalisme et le financiarisme. Aujourd’hui encore, bien des politiciens roumains sont des pions de l’Occident globalitaire.
L’annulation de l’élection présidentielle roumaine indispose le premier ministre slovaque Robert Fico. Il n’oublie pas les réactions faibles et timorées des soi-disant démocraties de l’Ouest quand un illuminé, poète raté, lui tira dessus, le 15 mai 2024 à Handlova. Par chance, Robert Fico échappa à la mort malgré de graves blessures. Cet attentat concluait des semaines de campagne de presse violente orchestrée par des journaux, des radios et des télévisions inféodés au parti de la guerre contre la Russie. Bien sûr, si le déplorable Keir Starmer, premier ministre britannique de son état, avait reçu le moindre postillon de la part d’un fan d’Elon Musk, ce dernier aurait subi une tempête d’accusations maximales !
Les manigances post-démocratiques frappent un autre État européen au cœur du Caucase: la Géorgie. On assiste aux législatives du 26 octobre 2024 au triomphe du parti gouvernemental, Le Rêve géorgien, fondé par le milliardaire Bidzina Ivanichvili (53,93%). L’opposition pro-OTAN n’accepte pas sa défaite cuisante. Elle accuse la majorité de manipulations électorales, de corruption des électeurs et de trucages dans les urnes. Elle organise une révolution de couleur. Trump et Le Rêve géorgien gagnent les élections en 2016 et en 2024 grâce aux tricheries nombreuses et à l’ingérence numérique de Moscou selon cette opposition. En revanche, Joe Biden en 2020 et même Emmanuel Macron en 2017 accèdent à la présidence par le choix éclairé des électeurs hors de toute fraude ou de tout coup fourré médiatico-judiciaire. L’Occident global donne l’impression d’être très mauvais perdant. Du côté pile d’une pièce de monnaie, il gagne et, du côté face, son adversaire perd !
Dès le soir de l’élection parlementaire, des opposants protestaient à Tbilissi avec l’appui remarquée de la présidente de la République en fin de mandat, l’ancienne diplomate française Salomé Zourabichvili (photo). Les psychiatres locaux devraient ausculter ces Géorgiens qui brandissent le drapeau de l’Union dite européenne. Il est rare d’observer des personnes prêtes à rejoindre un bagne à ciel ouvert et une prospérité économique illusoire qui masque l’endettement, la spéculation et le wokisme. Certes, la constitution géorgienne mentionne une obligation à moyen terme d’adhésion à l’OTAN et à l’UE. Mais le premier ministre géorgien ré-investi, Irakli Kobakhidze, ne goûte guère les mises en garde péremptoires et les sanctions économiques de la mafia de Bruxelles, d’où la suspension des négociations d’adhésion avec l’UE.
Le 14 décembre, le Parlement géorgien a élu un nouveau chef d’État, le premier au suffrage universel indirect, suite à une révision constitutionnelle adoptée en 2017. Le collège électoral compte 150 députés et 150 élus délégués des conseils municipaux et régionaux. Le nouveau président, Mikheïl Kavelachvili, est un ancien footballeur professionnel, d’abord passé au Rêve géorgien avant de fonder le mouvement Le Pouvoir au peuple. Cette élection a suscité un déluge de commentaires désagréables, expression d’un indéniable mépris de classe. Les manifestants conspuent Mikheïl Kavelachvili qui, faute de diplôme universitaire et incapable de parler l’anglais, n’aurait pas le niveau pour assumer sa charge. C’est du racisme de classe. Paris les encourage et oublie qu’en 1998, lors de la victoire douteuse des Français à la Coupe du monde de football, des milliers d’imbéciles beuglaient sur les Champs Élysées « Zidane président ! »…
Salomé Zourabichvili prétend toujours être la seule présidente légitime. Elle a néanmoins eu la bienséance de libérer le palais présidentiel avant l’arrivée de son successeur, connu pour son franc-parler. Soutenue par le complexe occidental euratlantique, l’opposition aurait aimé renverser le gouvernement en place. Fort heureusement, la Géorgie possède d’excellents kinés de rue, de brillants ostéopathes casqués et d’exceptionnels masseurs en plein air. Sous le label générique de forces de police, ces spécialistes des chocs musculaires et osseux ont su avec dextérité, sang-froid et professionnalisme favoriser la circulation sanguine, l’assouplissement des articulations et la résistance du corps et du crâne de leurs compatriotes hypnotisés par l’eurofolie collective.
Tout en s’occupant des affaires intérieures roumaines et géorgiennes, le marécage politico-médiatique occidental s’indigne des supposées ingérences d’Elon Musk au Royaume Uni et en Allemagne. L’hypocrisie est totale. Les dernières semaines indiquent donc un moment où l’élection reste le prétexte futile pour travestir et détourner les justes aspirations populaires de changement radical. Jusqu’à quand cette mascarade institutionnelle va-t-elle durer ?
GF-T
- « Vigie d’un monde en ébullition », n° 140, mise en ligne le 21 janvier 2025 sur Radio Méridien Zéro.
20:35 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actuélité, états-unis, roumanie, géorgie, europe, affaires européennes, caucase, politique internationale | |
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samedi, 25 janvier 2025
L'étude du latin est-elle réactionnaire?
L'étude du latin est-elle réactionnaire?
par Antonio Catalano
Source : Antonio Catalano & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/studiare-il-latin...
Il fallait du camphre pour dire quelque chose de sensé, contre l'hystérie de notre gauche progressiste qui, face à la proposition de réforme du ministre Valditara, pour ne pas changer, crie "au fascisme!'... Eïa, eïa, alalà !
Il n'y a pas de meilleure réponse aux réactions hystériques de notre gauche suite à la publication des lignes directrices récemment énopncées pour les programmes scolaires que le ministre Valditara a brièvement annoncées, il y a quelques jours, que celle de Luciano Canfora, dont on peut tout dire sauf qu'il est un partisan du gouvernement Meloni (par lequel il a également été poursuivi en justice il y a quelque temps).
Ces lignes directrices concernent certaines interventions :
- Réintroduction (facultative) du latin au collège, à raison d'une heure par semaine, pour renforcer le lien avec le patrimoine culturel italien et la langue latine.
- Fin de la géo-histoire, retour à un enseignement séparé de l'histoire (qui portera sur la civilisation grecque, la civilisation romaine, le christianisme, la Renaissance et l'histoire contemporaine occidentale) et de la géographie (fleuves, montagnes...).
- Plus de place pour la lecture et l'écriture, y compris pour des poèmes à apprendre par cœur.
- Des classiques comme Homère, Pascoli, Saba et des auteurs contemporains.
- Aperçu des épopées classiques, de la mythologie grecque et des sagas nordiques.
- Étude de la Bible pour comprendre son rôle dans l'histoire et l'art (considérée comme un texte aux racines culturelles occidentales, à introduire à l'école primaire).
- Accent mis sur la musique: chant choral, instruments de musique et civilisations.
- Renforcement des ateliers artistiques et de l'étude du patrimoine italien.
Une proposition de réforme qui semble aller dans le bon sens pour rendre à l'école sa vocation première, celle d'être un lieu d'éducation capable de former des citoyens dignes de ce nom. Mais il y a encore beaucoup à faire pour rendre à l'école toute sa dignité, car si l'on ne remplace pas définitivement les socles de piètre qualité sur lesquels reposent "l'école de l'autonomie", "l'école des projets", "l'école des compétences", soit l'école de l'abolition des contenus, l'école de l'Agenda 2030, la réforme envisagée par Valditara échouera inévitablement, malgré les bonnes intentions.
Bref, il a suffi qu'une telle réforme se profile pour que notre gauche s'emballe littéralement, elle qui se prétend le meilleur rempart contre cette idée de désintégration des savoirs au profit d'une idéologie de pacotille qui utilise à tout bout de champ et de manière obsessionnelle le petit mot d'« inclusion ». Un petit mot vague et apparemment anodin, mais qui cache insidieusement l'idéologie fondée sur l'idée dystopique de l'effacement des identités (une fixation du mondialisme, fils de la suprématie du capital financier sur le monde de la production réelle). La tactique est toujours la même: sous prétexte d'inclusion, d'éducation au respect (voir Rome de Gualtieri), des cours d'éducation sexuelle sont introduits dans les écoles selon les critères de la soi-disant « identité de genre ».
« La culture progressiste s'interprète comme une tentative d'imposer ce qui doit être à un monde qui n'a pas d'être propre, des valeurs à un monde qui n'en a pas, comme si les communautés n'avaient pas les leurs, comme si le monde de la vie n'était pas déjà un horizon de significations reliées entre elles par des chaînes de renvois, comme si les systèmes d'interactions et les formes de liens n'étaient pas déjà structurés en lui. Pour le code interprétatif du système culturel de la gauche progressiste, les formes de lien existantes deviennent simplement du 'désordre' » (Vincenzo Costa, Catégories de politique).
La secrétaire du PD, Mme Schlein, lors du congrès sur l'école qu'avait organisé son parti, rejette la proposition de réforme comme quelque chose de répressif et de réactionnaire, une vision qui représente « le désir impossible d'un passé qui ne peut pas revenir » et qui risque de faire reculer le système éducatif italien dans le temps ».
Anna Ascani, également figure du PD, députée et vice-présidente de la Chambre des députés, dans une intervention sur FanPage, ne ménage pas sa peine, allant même jusqu'à dire que Valditara s'attaque à la démocratie, que ses orientations proposent « la pire forme d'inégalité possible, celle qui concerne les enfants, qui n'ont ni mérite ni défaut à être nés là où ils sont nés ». Et que Valditara pense à une école élitiste et autoritaire dont le but est de diviser les bons et les mauvais, les suffisants et les insuffisants.
Comme on dit, le masque tombe, démontrant une fois de plus que cette gauche progressiste continue à considérer la réalité comme son principal ennemi. La réalité d'une école en déroute, sans contenu, simplifiée et banalisée, produisant des diplômés ultra-déqualifiés... mais inclusifs. Ils s'en contentent.
Il a donc fallu l'illustre intellectuel Luciano Canfora pour énoncer une évidence, mais comme vous le savez sûrement, nous sommes à l'époque où pour affirmer que l'herbe est verte, il faut tirer l'épée.
« Je sais ce que je sais par cœur », dit notre philologue classique, mais aussi helléniste et historien de la Grèce antique. « La mémoire est l'outil qui nous donne tout ce que nous savons, alors que ce que nous avons oublié n'est plus dans notre esprit. La mémoire doit donc être exploitée au maximum, elle doit être exercée. Vraiment, il me semble que cette insurrection contre l'exercice de la mémoire est un peu hors de toute logique, c'est risible ».
On n'a jamais compris pourquoi le latin devait être considéré comme de droite : c'est pathétique comme raisonnement ». L'étude du latin n'a rien de réactionnaire : « Je ne veux pas citer Concetto Marchesi, un grand latiniste, un des principaux représentants du communisme italien... Je pense qu'il est beaucoup plus sérieux de rappeler que l'étude de l'italien ou de l'espagnol ou du français présuppose une très grande proximité avec la connaissance du latin». "Gramsci disait que l'on étudie le latin non pas pour apprendre à parler latin, mais pour apprendre à étudier".
Il ajoutait ensuite quelque chose de très sérieux: vivifier l'étude historique d'une langue, c'est partir de ses origines. Il est anti-culturel de protester de manière générale contre la connaissance du latin: personne n'est mort du latin jusqu'à présent ».
Sur l'étude de la Bible, qui a provoqué un véritable bouleversement dans la galaxie de la gauche progressiste, Canfora déclare: « Il me semble un peu approximatif de parler de la Bible, parce qu'il s'agit de textes d'une importance historique énorme qui ont été amalgamés au fil du temps, mettant ensemble, avec une certaine difficulté, une tradition juive et une tradition chrétienne ».
Mais Canfora (interviewé par Radio Cusano), se référant à une idée de Beniamino Placido, va plus loin: « La connaissance du grec et du latin, à partir d'un texte simple et très (du moins, espérons-le) connu comme l'Évangile de Marc, est une idée qui est tout sauf à jeter, elle n'est ni rétrograde ni subversive ».
Et à ceux qui objectent qu'il vaudrait mieux approfondir l'étude de l'anglais, Canfora répond que c'est « une façon banale d'éluder une discussion sérieuse, parce que les deux choses ne sont pas en contradiction l'une avec l'autre; il s'agit donc d'une pseudo-objection qui n'a aucune valeur d'un point de vue conceptuel ».
Un Canfora clair et lucide, qui, dans ce cas, fait un peu penser à l'enfant du célèbre conte d'Andersen qui dit le vrai sur les habits neufs de l'empereur. Sauf que notre grand érudit n'a que quelques années de plus.
16:11 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Ecole/Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : latin, langue latine, italie, éducation, école, enseignement, europe, affaires européennes | |
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Réalisme croate et fantaisies allemandes
Réalisme croate et fantaisies allemandes
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/realismo-croato-e-fantasie-tede...
Zoran Milanović a été réélu président de la Croatie. Rien d’extraordinaire. Sa popularité est indiscutable, et il y avait peu de doutes quant à sa reconduction.
Cependant, ce qui compte vraiment, et qui, à bien des égards, étonne, c’est son discours d’investiture.
Un discours décidément inconfortable. Duquel, évidemment, nos grands médias n’ont pas soufflé mot.
Car Milanović a repris les récentes déclarations de la ministre des Affaires étrangères allemande, sans même la citer nommément. Quand je dis "la citer", je parle de Madame Annalena Baerbock, qui aderrière elle une brillante (enfin, façon de parler) carrière d’écologiste chez les Verts, mais sans la moindre expérience en politique internationale.
Et pourtant, depuis 2021, elle dirige le ministère des Affaires étrangères en Allemagne. Elle s’est distinguée par quelques initiatives louables, comme celle qu'elle fit en faveur du Nigeria: la restitution de milliers d’objets d’art entreposés dans les musées allemands.
Pour le reste, son rôle en tant que ministre des Affaires étrangères de Berlin s’est surtout fait remarquer par un alignement total sur les décisions de l’administration Biden: soutien inconditionnel à Zelensky et guerre contre la Russie.
Oui, « guerre ». Car c’est bien le mot qu’a utilisé la maladroite ministre à plusieurs reprises.
Que les dirigeants de l’UE, surtout ceux qui ne sont pas élus, comme les bureaucrates de la Commission, fassent la guerre à la Russie, c’est chose connue et évidente. Cependant, par souci de bienséance, on évite de le dire. D’autant plus qu’au front, ce sont les Ukrainiens qui combattent et meurent, grâce au zèle de Zelensky.
Mais, apparemment, cela ne suffit pas à la belliqueuse ministre allemande, totalement ignorante des règles non écrites, mais bel et bien en vigueur, de la diplomatie. Elle se laisse aller à de telles déclarations, mettant encore plus en difficulté le pauvre Scholz. Ce chancelier, encore en fonction pour un temps limité, a toujours tenté, en vain pour l’essentiel, de donner l’impression que l’Allemagne n’est pas une marionnette entre les mains de Biden et de ses alliés. Et surtout, qu’elle ne mène pas une guerre contre Moscou.
Une fiction pitoyable, et même un peu ridicule, certes. Mais qui, au moins, cherchait à sauver les apparences.
Puis arrive Madame Baerbock et… Je suppose qu’à ce stade, le pauvre Scholz doit attendre avec impatience la fin de ce calvaire.
Le président croate, quant à lui, en profite. Il déclare – rappelons-le, à peine réélu – que si l’Allemagne est en guerre avec la Russie, il lui souhaite bien du courage. Surtout, ajoute-t-il, "espérons que cela ne finisse pas comme la dernière fois…".
Au-delà de la plaisanterie, le discours de Milanović montre clairement une chose:
De plus en plus de pays européens manifestent leur exaspération face à cette politique de confrontation avec Moscou.
De plus en plus, ils revendiquent leur indépendance, leur droit à décider sans subir les diktats de la Commission de Bruxelles.
Les positions bellicistes de cette dernière sonnent de plus en plus faux. Surtout parce que ce ne sont pas les bureaucrates de Bruxelles qui doivent aller combattre et mourir. Et encore moins se priver de quoi que ce soit. Bien au contraire...
La Croatie a clairement exprimé son opinion sur cette guerre. Elle n’est ni la seule, ni la première à le faire.
L’Allemagne, de son côté, se rapproche des élections. Après quoi, vraisemblablement, Madame Baerbock retournera s’occuper des pinsons et des phoques moines. À condition, bien sûr, que les Verts existent encore au Bundestag, ce qui est loin d’être certain.
13:29 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : croatie, allemagne, europe, affaires européennes, zoran milanovic, annalena baerbock | |
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vendredi, 24 janvier 2025
Dominique de Villepin, notre Victor Hugo
Dominique de Villepin, notre Victor Hugo
par Claude Bourrinet
Villepin, c'est bien joli, et l'homme ne manque ni de talent oratoire, ni de caractère, ni de courage face à la meute sioniste, mais il est, hélas, l'un des pires symptômes de la civilisation française, qui a pris aux Romains l'art de faire vibrer l'air de pathos et d'inanités sonores, mais sans persévérer dans la force. Villepin aurait peut-être été, en d'autres temps, Danton, ou Robespierre (qui avaient la force), ou même peut-être de Gaulle.
De Gaulle fascinait non par la peur qu'il inspirait, mais par son cabotinage grandiloquent. Les Français étaient pendus au petit écran, comme des mouches, quand il apparaissait, logeant à peine dans le cadre, qu'il outrepassait presque. Car la puissance du Grand Charles résidait surtout dans son verbe, c'est-à-dire dans le vent qu'il expirait, et qui frisait les crânes déjà creux des Français, lesquels n'aspiraient qu'au repos des braves gens.
Cependant, De Gaulle garda en main le gouvernail de la France durant dix ans. Les discours emphatiques et étincelants, c'est surtout beau et bon quand on a, avec la toge, les armes. Donc le pouvoir. Villepin fut premier ministre des Affaires étrangères de Chirac pendant seulement deux ans. Certes, il tint tête aux Américains, comme l'on sait, en 2003, à l'occasion de l'invasion criminelle de l'Irak, et il faut lui en être reconnaissant. Cependant, si l'Allemagne n'avait pas refusé de se joindre aux envahisseurs yankee, cette posture aurait-elle été possible ? L'axe, si plein d'espérances (on a rêvé, alors !) Berlin - Moscou - Paris, est d'abord une initiative allemande. Le chancelier Schröder était très proche des Russes, et l'Allemagne avait beaucoup à gagner à la persistance d'un lien privilégié avec un pays qui lui octroyait des matières premières à volonté et à bon marché. On voit actuellement les conséquences ruineuses de la politique inverse. Il paraît que la diplomatie française a quelque peu traîné des pieds, et s'est laissée persuader. Le ver était dans le fruit. Il ne faut pas oublier que Chirac eut la lâcheté de suivre l'Otan, sans mandat de l'ONU, dans son agression criminelle de la Serbie, en 1999, et qu'à cette occasion, qui ne fut pas la dernière, un tsunami de propagande nauséabonde se déversa sur le pays. Et il aura suffi de l'intrusion d'un agent américain et furieusement sioniste, Sarkozy, pour vider notre politique étrangère comme un poulet. Entre-temps, Villepin a commémoré en grandes pompes, envoyant pour ce faire le Charles-de-Gaulle à l'embouchure de la Tamise, le désastre de Trafalgar, tandis que la misérable Alliot-Marie était projetée en mission sur le plateau d'Austerlitz, sans flonflons ni trompettes.
Villepin fait irrésistiblement penser à Lamartine, à Hugo, à Camus, et à tant de nos Grandes Âmes, qui, pour le monde, sont fâcheusement emblématiques de notre nation. Des enfileurs de poncifs pompeux et des brasseurs de mots vagues et creux, qui ne tourneboulent le coeur que parce qu'ils portent dans les nuages les sanglots de l'émotion (et me voilà moi-même à filer, comme eux, des métaphores foireuses !).
Le problème, avec ce type de chansons, c'est qu'elles sont des chansons, des airs que l'on fredonne en rêvant. La morale, c'est bien, ça soude une grande partie du monde, qui n'est, au fond, pas si méchant que ça, et surtout ça fait pleurer Margot. Une Margot qui pose son petit derrière sur le siège de la balançoire, mais qui n'a pas les pieds sur terre. On a peine à créditer un chef d'Etat qui condamnerait le "pouvoir", la puissance contraignante, voire meurtrière, pour assurer, quand il en est besoin, l'indépendance, ou l'autorité du pays.
Un chef d'Etat incapable de faire la guerre n'est pas digne de ce nom. Poutine a pris ses responsabilités, et la Russie est bien gouvernée. Nous sommes bien d'accord qu'il y a des limites à ne pas dépasser si l'on veut rester une nation qui aura sa place dans le concert des nations civilisées, ce qui n'est pas le cas d'Israël. Mais mettre sur le même plan l'Etat hébreu et l'Etat russe, c'est commettre une faute impardonnable de la part d'un homme qui, apparemment, ambitionne les plus hautes fonctions.
A moins que ce ne soit de la pure propagande électoraliste, et qu'il ne veuille pas se brouiller avec certaines officines de gauche plus ou moins russophobes.
Encore une fois, il vaut mieux Villepin que rien du tout, ou, pire, que ces veules chacals qui pullulent dans les médias, et déshonorent la France en soutenant un criminel tel que Netanyahou, ou bien qui rampent comme des bêtes dressées devant le maître américain.
Mais, finalement, ce qui sauva De Gaulle, qui avait été élevé du temps de Déroulède et de Barrès, c'était son cynisme. Il avait, tout de même, le sens des réalités, et n'hésitait pas à employer, quand il le fallait, les pires moyens, même les plus immoraux. Si l'on est intelligent, de cette intelligence du monde qui tente d'éviter de verser dans la bouillie sentimentale, une intelligence cruelle, certes, et même dégueulasse, il faut reconnaître que la rude réalité humaine n'est pas un système binaire, où il serait aisé de trouver la voie du Bien, en s'opposant au Mal. Cela, il faut le laisser aux gobeurs de propagande, et aux journalistes.
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jeudi, 23 janvier 2025
Sur la question de la sécurité pan-eurasienne
Sur la question de la sécurité pan-eurasienne
Leonid Savin
Il y a quelques jours, le ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lavrov, a déclaré que la Russie était prête à discuter de garanties de sécurité pour un pays « aujourd'hui appelé Ukraine », mais que le contexte eurasien serait déterminant pour la conclusion d'un accord.
Le haut diplomate a clairement indiqué que « la partie occidentale du continent [de l'Eurasie] ne peut pas s'isoler de géants comme la Chine, l'Inde, la Russie, le golfe Persique et l'ensemble de l'Asie du Sud, le Bangladesh et le Pakistan. Des centaines de millions de personnes peuplent cette région. Nous devons développer le continent pour faire en sorte que les questions relatives à sa partie centrale, l'Asie centrale, le Caucase, l'Extrême-Orient, le détroit de Taïwan et la mer de Chine méridionale soient traitées par les pays de la région plutôt que par l'ancien secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, qui a déclaré que l'OTAN opérerait dans la région parce que la sécurité de l'alliance dépendait de la région indo-pacifique ».
Si l'on considère qu'à la fin du mois de janvier, il y aura un changement dans l'administration américaine qui, en la personne du président nouvellement élu Donald Trump, parle déjà de la nécessité de redessiner géopolitiquement la carte du monde, il est possible de tirer des conclusions sans équivoque que les négociations avec la partie américaine sur l'Ukraine et l'Eurasie dans son ensemble ne seront pas faciles.
Toutefois, les discussions sur la sécurité à l'échelle de l'Eurasie sont importantes et nécessaires. Elles correspondent non seulement à l'esprit du temps, mais reflètent également la même logique historique. Cela n'est pas seulement dû à l'idée d'une grande Eurasie et d'un espace économique unique de Dublin à Vladivostok. Dans son livre Guns, Gems, and Steel, le scientifique américain Jared Diamond explique qu'en Eurasie, l'échange d'informations, d'expériences et d'inventions techniques a été plus rapide qu'ailleurs, ce qui a conduit à une sorte d'« intégration » bien avant que le mot n'apparaisse.
Cela aurait dû contribuer au rapprochement entre les peuples à l'époque moderne, et encore plus aujourd'hui, quand on parle du triomphe du progrès et de la science. Cependant, l'ère moderne a coïncidé avec l'ère des grandes découvertes géographiques et, dans le même temps, certains peuples de l'Eurasie, dans sa péninsule occidentale, appelée Europe, sont tombés dans une terrible ignorance, qui a conduit à l'émergence d'idées de supériorité raciale, puis au nazisme et au fascisme. La fin de la Seconde Guerre mondiale était censée mettre fin aux conflits et penser à une coexistence pacifique (cette formule a été développée plus tard par la Chine et l'Inde). Mais ici, le Royaume-Uni et les États-Unis sont intervenus activement et ont commencé à participer au destin des peuples eurasiens non seulement politiquement et économiquement, mais aussi idéologiquement, en disant effectivement aux pays européens ce qu'ils devaient faire.
Aujourd'hui, en tant que satellites de Washington, l'UE est devenue l'otage des intérêts anglo-saxons et sape sa propre économie au détriment de ses propres pays et de ses propres peuples. D'autre part, la lassitude face à l'impasse dans laquelle se trouvent les peuples et une partie des élites politiques de l'UE est manifeste. Dans ce contexte, les possibilités d'émergence de partis et de mouvements plus appropriés se multiplient.
Si aux États-Unis, au moins sur le plan rhétorique, la nouvelle administration entend réimposer la doctrine Monroe (les discours sur le Canada, le Groenland, le golfe du Mexique et le canal de Panama font partie de l'espace des Amériques), leurs partenaires européens sont néanmoins condamnés à coopérer sur le continent eurasiatique.
Et la question clé est de savoir ce qu'il en sera. Soit la confrontation de type guerre froide se poursuivra, soit il y aura un dégel des relations et une architecture de sécurité commune sera créée ensemble.
L'option de la confrontation est assez probable, au moins parce que l'administration Trump tentera d'inciter l'UE et d'autres partenaires à agir comme un seul bloc contre la Chine. La Russie n'est pas considérée par Trump et les siens comme une menace existentielle pour les États-Unis, mais la Chine, qui est le principal partenaire stratégique de la Russie, demeure le problème numéro un tant pour Biden que pour Trump, notamment en raison de la croissance rapide de la puissance de ce pays et de l'extension de son influence géopolitique.
En outre, Xi Jinping a parlé ouvertement au chef du Conseil européen de l'importance de la coopération commerciale et économique et du soutien de Pékin à l'autonomie stratégique de l'UE. Cette autonomie signifie une moindre dépendance à l'égard des États-Unis en termes politiques et stratégico-militaires.
Cependant, à côté de l'UE, l'OTAN, qui couvre un territoire plus vaste que l'UE, y compris la Turquie, continue d'exister. Les États-Unis continuent de jouer un rôle de premier plan au sein de l'Alliance.
Outre l'UE, le Royaume-Uni, qui a quitté l'UE mais continue de jouer un rôle actif dans la politique du continent, représente une certaine menace pour la sécurité pan-eurasienne. Historiquement, le Royaume-Uni a contrôlé de vastes territoires en Eurasie, de l'Égypte au sous-continent indien et à la Chine, et possède toujours un territoire dans le détroit de Gibraltar.
Le Royaume-Uni tente d'exploiter les contradictions actuelles et de renforcer sa position dans divers domaines. Par exemple, le British Council on Geostrategy note que le pays est confronté à des vulnérabilités critiques dans ses chaînes d'approvisionnement logistiques et ses capacités de transport maritime. L'approvisionnement des forces armées est menacé par des capacités de transport maritime limitées et vieillissantes, contrôlées par le gouvernement, par une flotte marchande en perte de vitesse et par une dépendance excessive à l'égard des affrètements spéciaux.
La nostalgie du bon vieux temps est clairement visible ici, lorsque la Grande-Bretagne s'autoproclamait maîtresse des mers. Aujourd'hui, elle souhaite faire revivre ce statut dans de nouvelles circonstances.
Le site web du Conseil affirme le rôle central de la Grande-Bretagne dans la zone de responsabilité euro-atlantique et dans l'OTAN. Il convient d'ajouter que cette organisation a un projet appelé China Watch, qui surveille un large éventail d'activités chinoises qui menaceraient les intérêts de Londres. En outre, il existe une initiative trilatérale (Grande-Bretagne, Pologne et Ukraine), dont l'un des objectifs déclarés est « une campagne de lutte économique et politique contre la Russie, afin de briser la machine militaire russe et d'affaiblir l'influence du Kremlin dans les pays dits du “juste milieu”, notamment en Afrique, en Amérique du Sud et dans d'autres endroits ».
Ainsi, la sorcière britannique continuera à jeter ses sorts à la fois sur la Russie et sur la Chine. Par conséquent, dans les affaires de l'Eurasie, une attention particulière doit être accordée aux initiatives britanniques qui, ouvertement ou secrètement, viseront toujours à saper l'unité de l'Eurasie.
Quant à la consolidation des efforts des principaux centres, elle ne concerne pas seulement l'interaction entre la Russie et la Chine. La signature de l'accord de partenariat global dans tous les domaines entre la Russie et l'Iran renforce l'axe eurasien. La Russie et la Corée du Nord ont déjà conclu un accord similaire, bien que les Coréens ne jouent pas un rôle aussi important dans la sécurité de l'ensemble du continent et se concentrent davantage sur les problèmes de la péninsule coréenne et de l'impérialisme américain.
L'Inde est un autre pôle du monde multipolaire émergent, également intéressé par le renforcement de la sécurité régionale. Outre la question non résolue du Cachemire (à laquelle s'ajoutent les intérêts du voisin nucléaire du Pakistan) et les questions litigieuses avec la Chine, New Delhi coopère dans plusieurs domaines avec les pays de l'UE, et les sanctions à l'encontre de la Russie entravent clairement cette interaction. D'autre part, l'Inde est impliquée dans le développement du corridor Nord-Sud à travers l'Iran et la Russie et s'intéresse également au développement de l'Arctique. Dans le contexte du développement d'un monde multipolaire, le gouvernement Modi agit de manière tout à fait rationnelle, étant également membre des BRICS et de l'OCS.
Reste le bloc arabo-musulman d'Eurasie, où la région souffre clairement de l'attention excessive des États-Unis - l'occupation de l'Irak et de la Syrie, le soutien d'Israël au génocide des Palestiniens, la pression sur le Liban et le maintien de bases militaires américaines au Qatar, à Bahreïn, en Jordanie et en Arabie saoudite. Mais si l'on tient compte des cas concrets concernant la Palestine et l'occupation israélienne, il est évident que le monde arabo-musulman est aujourd'hui clairement divisé et enclin à la pensée tribaliste-nationaliste, ce qui réduit considérablement les possibilités d'une large coopération pour résoudre divers problèmes avec les centres eurasiens. Une autre raison est l'attitude attentiste de certaines élites de la région, qui espèrent un nouveau déclin de l'hégémonie américaine, lorsqu'il sera possible de ne pas avoir peur d'agir plus ouvertement.
Toutefois, d'une manière générale, la consolidation des efforts de la Russie, de la Chine, de l'Iran et de l'Inde indique déjà l'existence d'un bloc non seulement en Eurasie, mais aussi dans la majorité mondiale, avec une position commune sur des questions d'une importance fondamentale.
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mardi, 21 janvier 2025
Trump et le Groenland
Trump et le Groenland
Par Joakim Andersen
Source: https://motpol.nu/oskorei/2025/01/11/trump-och-gronland/
Lorsque le futur président américain Donald Trump revendiqua à la fois le Groenland et le canal de Panama, sans exclure l'utilisation de moyens militaires, cela suscita une certaine surprise dans le monde entier. Le gouvernement français réagit notamment en déclarant que l'UE n'accepterait pas que des frontières soient modifiées par la violence. Les dirigeants du Danemark et du Groenland soulignèrent que le Groenland n’était pas à vendre. Cela soulève plusieurs questions intéressantes. D'une part, Trump est connu pour sa rhétorique « stratégiquement dramatique », qui fait partie de son « art de l'accord ». Ce qui commence par des menaces de violence et des discussions sur une vente pourrait bien se terminer par l'implantation de quelques bases militaires américaines supplémentaires au Groenland. D'autre part, cette déclaration suggère également une réelle volonté américaine de prendre le contrôle du Groenland, une idée que Trump a déjà abordée par le passé. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a commenté cette situation en affirmant que « l’Europe doit se réveiller », car nous entrons dans un nouvel ordre international caractérisé par le « droit du plus fort ». Vae victis.
Géopolitiquement, cela rappelle la faiblesse de l’Europe. L’Europe n’est pas un acteur sur la scène internationale, ce qui tient en partie aux fondements impolitiques qui servent de base à son unité politique. L’Europe réelle devrait être une communauté fondée sur autre chose que la bureaucratie et l’économie, comme l’ont écrit Jünger, Storey et Evola. Cela signifie que le projet eurocratique est devenu une menace pour les peuples européens et pour leur essence, au lieu de constituer un outil et une expression de celle-ci. Les dirigeants européens d’après-guerre ont largement été des vassaux de l’empire américain, agissant contre les intérêts de leurs propres peuples (voir Jordis von Lohausen).
Sous la présidence de Trump, cela prend une tournure plus aiguë. Nous nous retrouvons dans une situation où, par exemple, Macron représente fréquemment une ligne en politique étrangère qui laisse sous-entendre l'existence d'une force européenne, tout en soutenant une ligne intérieure de faiblesse européenne (en particulier en ce qui concerne la politique d’immigration). Comparé à cela, Trump est souvent favorable aux États-Unis sur le plan intérieur, mais pas toujours aussi bénéfique pour l’Europe sur le plan extérieur. Cela pourrait même, comme le prévient Barrot, signifier que la politique des États-Unis envers les États vassaux européens entre désormais dans une phase d’exploitation et de pillage plus ouvert. Un Europe forte est alors entravée par le politiquement correct et une idéologie hostile aux peuples, et le nœud gordien réside dans l’immigration massive et la légitimité déficiente qu’elle entraîne.
Qu'aucun des deux, le Danemark ni l’Europe, ne doive vendre le Groenland est évident. Cela est d’autant plus vrai qu’une majorité de Groenlandais eux-mêmes sont pour plus d’indépendance et pour une adhésion à l’UE. Le processus d’indépendance se poursuit depuis des décennies et le Groenland reprend progressivement sa souveraineté sur différents domaines. En même temps, le pays reste économiquement dépendant du Danemark: « L’État danois accorde chaque année un soutien financier au Groenland qui s’élevait en 2024 à 4,3 milliards de couronnes. De plus, l’État danois couvre directement des dépenses de plus d’1 milliard de couronnes pour des domaines tels que la défense, la police et le système judiciaire. » Plus d’un Groenlandais sur quatre vit d’ailleurs au Danemark. Les liens entre le Groenland et le Danemark sont considérables, que ce soit sur les plans économique, génétique, onomastique, historique ou religieux. Le paysage politique du Groenland ne semble pas non plus particulièrement compatible avec Trump et le MAGA.
Le parti au pouvoir, Inuit Ataqatigiit, est décrit comme socialiste et a notamment affirmé: « Inuit Ataqatigiit dit non à l’extraction et à l’exportation d’uranium et d’autres minéraux radioactifs… La nature arctique est la réserve alimentaire du Groenland, tout comme de nombreux autres peuples arctiques vivent encore largement de ressources naturelles. C’est pourquoi nous, habitants de l’Arctique, avons un intérêt particulier à ce que la nature arctique ne soit pas polluée par l’extraction d’uranium radioactif et d’autres matières premières toxiques, par des matériaux radioactifs provenant d’accidents dans les centrales nucléaires ou dans des navires à propulsion nucléaire, ou par le dépôt de déchets nucléaires. Nous pensons également que les grandes puissances mondiales doivent procéder à un désarmement surtout sur le plan des armements nucléaires. L’Arctique est et doit rester pacifique. » Le parti démocrate-socialiste Siumut est également très influent au Groenland. Politiquement, le Groenland appartient davantage à l’Europe qu’aux États-Unis.
La géopolitique n’est cependant pas tout. Il existe également des raisons mythiques et psychologiques profondes de ne pas rompre les liens entre le Nord scandinave et l’Arctique. Le Groenland possède de riches traditions et une mythologie fascinante. Il existe aussi une tendance eurartique dans l’inconscient scandinave, comparable au « Drang nach Osten » allemand, les peuples nordiques s'étant maintesfois orientés vers le Nord. On peut citer ici l’expédition d’Andrée, l’intérêt authentique d’Ossian Elgström (photo) pour les Inuits et les Samis, ainsi que les descriptions d’Evola sur l’origine polaire, sur Hyperborée et Thulé. Nous avons déjà écrit sur ce sujet, notamment dans mes textes sur Ödun et l’ours polaire et sur la mythologie antarctique. Notre tradition vient ultérieurement des chasseurs de mammouths dans l’Arctique, et rompre les liens avec l’Arctique équivaudrait, psychologiquement et mythiquement, à une sorte d’effondrement.
20:57 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : donald trump, groenland, états-unis, danemark, europe, actualité, affaires européennes, géopolitique, politique internationale | |
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lundi, 20 janvier 2025
Zelensky attaque le Turkstream pour mettre l’Europe à genoux tout en lui demandant plus d’argent
Zelensky attaque le Turkstream pour mettre l’Europe à genoux tout en lui demandant plus d’argent
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/zelensky-attacca-il-turkstream-...
Nous avons là un nouvel acte dans la guerre de Zelensky contre l’Europe. Le criminel de Kiev a lancé une attaque contre le Turkstream, le gazoduc qui approvisionne non seulement la Turquie, mais aussi une partie des pays d’Europe orientale et sud-orientale. De la Grèce à la Bulgarie, de la Macédoine du Nord à la Serbie, de la Roumanie à la Hongrie.
Une attaque visant à reproduire le désastre provoqué en Europe occidentale par la destruction des deux gazoducs Nord Stream qui transportaient le gaz russe vers l’Allemagne. Un attentat qui a lourdement endommagé l’économie européenne – pas seulement l’économie allemande –, mais que les euro-incompétents ont soigneusement évité de sanctionner. Après tout, ce sont les citoyens soumis qui paient pour les manigances d’Ursula et de son complice Zelensky.
La bande de Kiev exige donc plus d’argent de l’Europe, alors même que ses attaques contre les gazoducs appauvrissent davantage ce même continent. Enrichissant par la même occasion les États-Unis, qui peuvent vendre leur gaz liquéfié à des prix plus élevés, empocher des profits et réduire la compétitivité du Vieux Continent.
Seuls les serviteurs au pouvoir dans les pays européens peuvent croire qu’il s’agit de manœuvres improvisées, non coordonnées pour nuire à l’économie européenne. Et malgré une désinformation qui a désormais atteint des sommets aussi vertigineux que ridicules, les peuples européens commencent à s’en rendre compte. Tandis que ces mêmes journaux qui, en 2022, assuraient que Moscou n’avait plus de missiles et que les soldats russes combattaient avec des pelles, prétendent aujourd’hui que la Russie a déjà perdu la guerre parce qu’elle n’a plus d’argent.
21:25 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : affaires européennes, actualité, ukraine, europe, gazoducs, gaz, turkstream, mer noire, hydrocarbures | |
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dimanche, 19 janvier 2025
D’abord Zelensky, maintenant von der Leyen: la cheffe de l’UE reçoit le prix Charlemagne. Parce qu’elle a fait de l’UE un appendice des États-Unis ?
D’abord Zelensky, maintenant von der Leyen: la cheffe de l’UE reçoit le prix Charlemagne. Parce qu’elle a fait de l’UE un appendice des États-Unis ?
Wolfgang Koydl
Source: https://weltwoche.de/daily/erst-selenskyj-jetzt-von-der-l...
Recevoir des prix internationaux, c’est toujours un exercice délicat : on peut facilement se tromper.
Le prix Nobel de la paix a été attribué à Henry Kissinger, Yasser Arafat et Barack Obama. Les premiers après avoir eu d’innombrables morts sur la conscience, le dernier avant que des innocents ne deviennent les victimes de ses guerres de drones à travers le monde.
Le prix Charlemagne d’Aix-la-Chapelle est une sorte de prix Nobel d’Europe centrale. Il est décerné pour des mérites liés à l’unification européenne, mais les critères ne sont pas toujours stricts. Car on ne saurait assurément attribuer ce mérite au peuple ukrainien et à son président – lauréats en 2023.
Cette année, le comité veut jouer la sécurité : le prix sera décerné à la "grande Européenne Ursula von der Leyen".
Mais n’est-ce pas le travail de la présidente de la Commission européenne de s’occuper de l’Europe ? Elle ne reçoit pas le prix pour des efforts exceptionnels, mais pour son travail quotidien.
Cette pratique est devenue une tradition : de Jean-Claude Juncker à Martin Schulz en passant par Donald Tusk, les Européens professionnels ont été honorés à la chaîne.
Mais ces derniers tenaient à l’Europe. En ce qui concerne von der Leyen, des doutes sont permis. Depuis son entrée en fonction, elle a réduit l’Europe à un rôle secondaire. L’Union européenne est devenue un appendice et un porte-voix des États-Unis.
Que ce soit en Ukraine, au Moyen-Orient ou en Chine, l’UE de von der Leyen n’a ni opinion propre, ni voix dans le monde, et donc ne suscite aucun respect.
Dans le domaine du cinéma, cela vaudrait une Framboise d’or, mais certainement pas un Oscar.
18:47 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ursula von der leyen, volodymir zelenski, europe, affaires européennes, prix charlemagne | |
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samedi, 18 janvier 2025
La Roumanie est en crise: le peuple contre la corruption et le mensonge
La Roumanie est en crise: le peuple contre la corruption et le mensonge
par Irina Sokolova
Source: https://www.cese-m.eu/cesem/2025/01/la-romania-e-andata-i...
Bucarest est devenue le centre des manifestations qui se déroulent actuellement en Roumanie. Des partisans du candidat de l'opposition, Călin Georgescu, dont la victoire au premier tour des élections présidentielles a été annulée par les autorités roumaines via les tribunaux, se sont rassemblés dans la capitale en provenance de tout le pays. Les défenseurs de Georgescu, qui avaient appelé à la cessation de l'aide à l'Ukraine et à la levée des sanctions contre la Russie, ont exigé un second tour des élections. Les manifestants ont paralysé le fonctionnement des institutions. Bucarest n'avait pas vu de telles manifestations depuis longtemps.
Les troupes de l'OTAN surveillent les manifestations
Pour les États-Unis, la Roumanie est un pays stratégiquement important sur le flanc est de l’OTAN, car elle abrite des installations militaires américaines et participe activement aux missions et programmes de l’alliance. Tout changement dans la politique étrangère, notamment en cas de victoire d’un candidat favorable à une réduction de la coopération avec l’OTAN ou à des relations plus étroites avec la Russie, susciterait inévitablement des préoccupations à Washington.
La Roumanie joue également un rôle clé pour les États-Unis dans le domaine de la politique énergétique, étant devenue un partenaire important dans la recherche de nouvelles sources d’énergie et de routes d’approvisionnement en gaz vers l’Europe, notamment pour contourner la Russie. Tout changement menaçant ces projets pourrait être perçu aux États-Unis comme une remise en question de leurs intérêts à long terme.
Une possibilité de « reset » ou un approfondissement des divisions ?
Le candidat indépendant à la présidence roumaine, Călin Georgescu, qui a remporté les élections, a été accusé d’« influence russe » et a été marginalisé politiquement. Par la suite, il a été prouvé qu’il n’y avait eu aucune influence extérieure exercée sur les électeurs, mais les résultats ont tout de même été annulés par précaution. De nouvelles élections sont prévues au printemps, et tout recommence.
Le nouveau vote pose un dilemme difficile pour la Roumanie: soit réaffirmer son soutien à la voie actuelle, axée sur l’UE et l’OTAN, soit ouvrir la porte à ceux qui prônent un nouveau modèle de souveraineté nationale – potentiellement avec une attitude plus critique envers l’intégration européenne.
Pour la société roumaine, épuisée par la corruption et l’instabilité politique, ces élections pourraient représenter un tournant. D’un côté, le « reset » pourrait stimuler des réformes visant la transparence et la lutte contre les structures oligarchiques. De l’autre, la profondeur des divisions, exprimée par le conflit entre « européistes » et « souverainistes », ainsi que par l’incompréhension entre l’électorat urbain et rural, persiste et risque de s’aggraver.
Quand les élections sont injustes
Le scrutin de mai en Roumanie ne se limitera pas à des enjeux nationaux; il représentera également un signal pour l’ensemble de la communauté euro-atlantique. Si les institutions démocratiques résistent à l’épreuve et si la justice démontre son indépendance, la Roumanie pourrait sortir de la crise avec une plus grande légitimité. Cependant, si des doutes persistent quant à la transparence et à l’équité du processus, la méfiance envers le système électoral pourrait s’approfondir non seulement en Roumanie, mais dans toute la région de l’Europe de l’Est. Dans ce cas, Bucarest et les capitales voisines devront faire face à des périodes de turbulences, marquées par les protestations de l’opposition.
L’issue du vote, quel qu’il soit, influencera les intérêts stratégiques des États-Unis, pour qui la Roumanie demeure un partenaire clé dans la région. En ce sens, la répétition des élections pourrait réellement offrir une « opportunité de reset » – ou, à l’inverse, marquer une crise de plus en plus profonde de la démocratie aux frontières orientales de l’espace euro-atlantique.
18:19 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, actualité, affaires européennes, roumanie, élections roumaines | |
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La sécurité énergétique de l’Europe au bord du gouffre : l’Ukraine provoque délibérément une escalade autour des gazoducs
La sécurité énergétique de l’Europe au bord du gouffre: l’Ukraine provoque délibérément une escalade autour des gazoducs
Source: https://report24.news/europas-energiesicherheit-am-abgrun...
À travers une vaste attaque de drones, les forces armées ukrainiennes ont tenté de détruire une station de compression de gaz naturel en Russie. Cela aurait pu paralyser l’approvisionnement de la Turquie et de l’Europe du Sud-Est via TurkStream, plongeant le marché énergétique européen dans le chaos. Kiev joue là un jeu très dangereux pour la sécurité énergétique européenne.
Dans le contexte de tensions croissantes entre la Russie, l’Ukraine et l’Europe sur la scène énergétique, une attaque de drones particulièrement préoccupante visant le gazoduc stratégique TurkStream a suscité de nouvelles inquiétudes. Neuf drones ukrainiens ont attaqué une station de compression dans la région de Krasnodar, au sud de la Russie – un incident qui aurait pu sérieusement compromettre l’approvisionnement énergétique de l’Europe.
La défense antiaérienne russe a réussi à abattre tous les drones, et l’installation n’a subi que des dommages mineurs. Cependant, cet incident révèle la situation précaire de l’approvisionnement énergétique européen. Actuellement, environ 31% du gaz naturel importé en Europe transite par TurkStream – principalement à destination de la Hongrie, de la Serbie, de la Bulgarie et de la Grèce.
Depuis le 31 décembre 2023, Kiev refuse de signer de nouveaux contrats de transit pour le gaz russe. Cette décision, soutenue par la Commission européenne, réduit encore de 30% les importations de gaz en Europe. Les 39% restants arrivent sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL), principalement en provenance des États-Unis et de la Russie.
Une attaque réussie contre TurkStream aurait éliminé en un instant une part importante des importations européennes de gaz, explique Stephen Bryen, ancien vice-ministre américain de la Défense. Les conséquences auraient été dévastatrices: ni les États-Unis, ni la Russie, ni d’autres fournisseurs comme le Qatar ne pourraient augmenter suffisamment leurs livraisons de GNL pour compenser des pertes aussi massives. Le déséquilibre énergétique commence déjà à se faire sentir : l’Allemagne est en récession, et la coalition Scholz a échoué. Avec la fermeture des centrales nucléaires et la destruction quasi complète de Nord Stream, la situation ne cesse de s’aggraver.
La motivation de Kiev pour cette stratégie risquée reste énigmatique. Des experts soupçonnent une tentative désespérée de forcer l’Europe à fournir davantage de soutien – selon le principe : « Aidez-nous, ou nous compromettrons votre sécurité énergétique. » Et comment l’Europe réagit-elle face à ces tentatives de chantage ouvertes ? Jusqu’à présent : un silence gêné. De plus, un succès de l’attaque aurait probablement privé Kiev de tout soutien de la Turquie.
La situation s’apparente à une partie de poker dangereuse, où l’Europe perd de plus en plus le contrôle. Les États-Unis pourraient certes tirer profit d’une augmentation des exportations de GNL, mais le prix à payer pourrait être élevé : un affaiblissement supplémentaire de l’alliance de l’OTAN, dans un contexte déjà turbulent.
17:47 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : europe, affaires européennes, actualité, turk stream, gazoducs, gaz, mer noire, ukraine | |
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Sarkozy l’Américain
Haute trahison
Sarkozy, Hollande, Macron : les vassaux de l’Ordre mondial
Volet I : Sarkozy l’Américain
Pierre-Emile Blairon
Un parcours parisianiste très conventionnel
Né en 1955, Nicolas Sarkozy aura 70 ans le 28 janvier 2025.
Il est élu président de la République française le 16 mai 2007 grâce, notamment, aux voix de 28% des électeurs traditionnels de Jean-Marie Le Pen au premier tour et 66% au second[1], séduits par son (faux) discours droitier et en vertu du dogme du vote « utile », une théorie qui n’est jamais vérifiée et qui laisse toujours un goût amer aux électeurs qui trahissent stupidement leurs propres idées.
Sarkozy ne fera qu’un mandat, battu le15 mai 2012 par le très médiocre François Hollande.
Nous avons choisi de ne remonter la liste des présidents de la République traîtres à leur peuple et à leur patrie que jusqu’à Nicolas Sarkozy, mais la plupart de ses prédécesseurs ne valaient guère mieux que lui, et ses successeurs n’auront rien à lui envier en la matière.
Nicolas Sarkozy est le fils de Pál Sarközy de Nagy-Bocsa (1928-2023), immigré hongrois, et d'Andrée Mallah (1925-2017) dont la mère avait épousé le descendant d’une riche famille juive séfarade de Salonique, ville qui faisait alors partie de l’Empire ottoman, et qui est aujourd’hui la deuxième ville de Grèce sous le nom de Thessalonique[2].
Après des études secondaires à Paris, il s’inscrit à la faculté de droit de Paris-Nanterre, devient avocat en 1981 et maire de Neuilly-sur-Seine en 1983. Jeune homme fougueux et ambitieux, il était auparavant, en 1975, devenu délégué départemental des jeunes UDR des Hauts-de-Seine, et sera remarqué par Charles Pasqua et Jacques Chirac lors d’un discours au congrès de Nice de ce parti lorsqu’il prononcera ces mots dont personne ne doute encore de leur valeur prophétique : « Être jeune gaulliste, c'est être révolutionnaire »…
Sur le plan professionnel, il va créer avec deux autres avocats un cabinet spécialisé en droit immobilier avant de travailler pour l’industriel Arnaud Lagardère qui ne lui tiendra pas rigueur de ses insuccès comme celui qu’évoque Wikipedia: « Après avoir été élu député en 1988, Nicolas Sarkozy continue son activité d'avocat d'affaires et propose des solutions fiscales à l'étranger à des clients fortunés comme Henri Leconte qui, selon Rue89, en sortira ruiné »
Jusqu’à présent, un parcours très conventionnel (rien de « révolutionnaire ») mais qui le mènera loin sur le plan politique puisqu’il pointera à peu près à tous les postes : maire, député, président de conseil général, de parti politique, ministre et, enfin, président de la République française.
Une fascination pour l’Amérique
Dans le titre de cet article, il est question de l’Ordre mondial qui, comme nous aimons le rappeler, est une entité formée de trois composantes : les Etats-Unis, l’Etat d’Israël et l’Union européenne, soumise aux deux précédentes.
C’était encore du temps de l’administration Biden, du wokisme et de « l’Etat profond ». Ce temps sera révolu à partir du 20 janvier.
Nous verrons ce qu’il en adviendra avec l’accession de Trump au pouvoir. Il vient justement de partager une vidéo dénonçant les agissements de Netanyahu[3] qui est fort en colère.
Le rêve de Sarkozy a toujours été de confondre ses intérêts (et ceux de la France) avec les intérêts des Etats-Unis ; non pas pour des raisons stratégiques ou géopolitiques auxquelles il ne comprend peut-être pas grand-chose, mais simplement parce qu’il a été nourri à la sous-culture américaine depuis son enfance: westerns qui glorifient le bon cow-boy aux prises avec le méchant indien, bluettes hollywoodiennes et ritournelles yés-yés aux paroles affligeantes que les chanteurs français des années 70 reprenaient sans vergogne en un français approximatif.
Il l’a d’ailleurs dit lui-même lorsqu’il fut reçu par les membres du Congrès américain le 7 novembre 2007.
Sous le titre : «Sarkozy l’Américain, j’en suis fier» : comment la fascination de l'ex-président pour l’Oncle Sam a façonné sa conquête en 2007 », le Figaro du 29 octobre 2024 nous le rappelle : « …le président français livre un discours en forme d’ode à l’Oncle Sam. Louant à la tribune le «rêve américain» décrit comme la «mise en pratique de ce que le vieux monde avait rêvé sans pouvoir le construire», le chef de l’État d’alors énumère les figures, davantage culturelles que politiques, qu’il a tant admirées durant sa jeunesse : John Wayne, Marilyn Monroe ou encore Elvis Presley[4]. »
Pendant que le jeune Sarkozy se déhanchait au rythme de ces antiennes étatsuniennes, d’autres jeunes gens, un peu plus éveillés, lisaient l’ouvrage d’Henri Gobard, La guerre culturelle, qui présentait ainsi son livre, en 1979, écrit « contre l’apathie avancée et pour la joie d’un vouloir vivre faute duquel l’Europe ne sera bientôt plus qu’une ZOA (Zone d’Occupation Américaine) et les Français des Gallo-Ricains ».
Julien Assange avait réussi à se procurer les câbles diplomatiques de l’ambassade américaine à Paris que Sarkozy fréquentait assidûment et qui ont été repris par le journal Le Monde ; ces révélations marquent la profonde sympathie des Etats-Unis pour Israël ; en effet, c’est Israël, et non pas l’Europe dont ils sont pourtant originaires, que les Américains, même non-juifs, considèrent comme le berceau spirituel et religieux de leur civilisation à travers la lecture assidue de la Bible et, notamment, de l’Ancien testament ; pour nos lecteurs qui veulent approfondir cette question, nous les renvoyons à l’article du Monde[5], WikiLeaks : Nicolas Sarkozy, "l'Américain" du 30 novembre 2010, dont voici un court extrait : « Elle (l’ambassade) note que "l'héritage juif de Sarkozy et son affinité pour Israël sont célèbres", et que de surcroît il vient de nommer à la tête du Quai d'Orsay Bernard Kouchner, "le premier ministre des affaires étrangères juif de la Ve République". Sur le conflit israélo-palestinien, espère l'ambassade, "même un léger glissement dans le fondement intellectuel aura des conséquences sismiques".
L'ambassade américaine est très satisfaite du premier gouvernement Sarkozy. Celui qui bénéficie du portrait le plus flatteur est Bernard Kouchner : "L'humanitaire de renommée mondiale", "l'un des rares politiques (de gauche ou de droite) à avoir soutenu ouvertement l'invasion américaine de l'Irak", voit sa vie passée au crible… ».
Les personnes bien informées connaissent les griefs portés à l’encontre de Bernard Kouchner, à l’époque où il était Haut-représentant du Secrétariat général des Nations unies au Kosovo (1999-2001), par Carla del Ponte, ancienne procureure générale auprès du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de septembre 1999 à décembre 2007. Il faut lire à ce sujet l’article du Monde diplomatique « Trafic d’organes au Kosovo : un rapport accablant » par Jean-Arnault Dérens du 4 janvier 2011[6] et il faut écouter la réponse maladroite (mais pleine d’emphase) de Bernard Kouchner sur le même sujet[7].
Un Président bling-bling
« Bling-bling » : c’est le bruit métallique que font, en s’entrechoquant, les bracelets que les courtisanes portent autour des bras ou que font les chaînes en or que les mafieux ou les parvenus portent autour du cou, souvent accompagnés de gris-gris à la mode africaine ou orientale.
Pour le dictionnaire, il s’agit d’un « étalage clinquant de richesse destiné à déclencher un bruit médiatique ».
Ceci dénote une absence totale ou partielle de profondeur d’âme et de spiritualité, un esprit superficiel, qui manque de délicatesse, qui n’est intéressé que par ce qui brille, l’argent et la matérialité. Il avait confié au Nouvel Obs du 14 juillet 2013 : « "Pour l'instant, je fais président, mais un jour j'irai faire du fric", philosophait-il en son palais de l'Elysée au début de l'année 2008. A l'époque, alors que sa cote de popularité dégringolait dans les sondages, il laissait entendre qu'il ne se représenterait pas en 2012. Un seul mandat, et basta ! Il serait temps d'aller "faire du fric".
On se rappellera le fort distingué « Casse-toi alors, pauv' con, va ! », que Sarkozy avait adressé à quelqu’un qui refusait de lui serrer la main.
On se souviendra aussi des rodomontades du matamore[8] qui voulait traiter les cités au « Karcher ».
Le très mondialiste Sarkozy avait aussi choqué les Français dans son discours au corps diplomatique le 16 janvier 2009, en égrenant les mesures contraignantes à l’égard des peuples contenues dans l’agenda de l’Ordre mondial, un avènement qu’il appelait énergiquement de ses vœux.
Il y était déjà notamment question de celle présentée comme « l’urgence climatique », une faribole qui a abouti, en cette année 2025, à exclure les Français les plus modestes des services regroupés dans les « métropoles » par l’instauration d’une discrimination sociale représentée par la vignette « crit’air » devant être obligatoirement apposée sur le pare-brise de son véhicule.
Pour Sarkozy, ces mesures étaient inéluctables et incontournables car, disait-il, « on ira ensemble vers ce nouvel Ordre mondial et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer[9] ».
Mais ce sobriquet « bling-bling », fort déplaisant, lui est resté à la suite de la fête que sa femme d’alors, Cécilia, avait organisé au Fouquet’s le soir de son élection le 6 mai 2007, une belle soirée offerte par le multimillionnaire Dominique Desseigne, « associée à un séjour ultérieur sur le yacht de Vincent Bolloré, ‘qui) lui vaut d'être qualifié de « président bling-bling » par ses opposants et écorne son image dans l'opinion » (Wikipedia)
Les bases sont posées. Tout ce qui suit n’est que la conséquence logique de ce que nous venons à l’instant d’exposer : à savoir cet invraisemblable engouement pour une puissance étrangère, une suffisance qui lui permet de se constituer un statut d’intouchable, un comportement, une morale et des méthodes pour le moins inadéquats, sans lien avec la contenance, la distinction et la discrétion que les Français sont en droit d’attendre du plus haut représentant de leur pays.
Des casseroles qui font un grand tintamarre
Les affaires, nombreuses, dans lesquelles Sarkozy est impliqué, inquiété ou condamné ne sont pas la face la plus sombre de son personnage ; il agit comme la plupart de ses collègues politiciens qui ne songent qu’à garder leur poste ou en acquérir un autre mieux placé dans la hiérarchie et sont prêts à contourner allègrement les lois qu’ils ont eux-mêmes voté et justement parce qu’ils les ont votées, se considérant au-dessus de leur création, un peu comme des artistes admirant leurs propres œuvres qu’ils ont le pouvoir de détruire si ça leur chante, comme de bons psychopathes qu’ils sont presque tous.
La seule différence avec ses semblables, c’est que Sarkozy a systématisé le recours à la fraude ; toutes ces affaires qu’il traîne comme des casseroles qui font un grand tintamarre sont la suite logique des recherches faites par Sarkozy et ses acolytes pour financer ses deux campagnes présidentielles par n’importe quel moyen : l’affaire Woerth-Bettencourt, l’affaire Bismuth, l’affaire des sondages de l’Elysée, l’affaire Bygmalion, ne constituent que des magouilles politicardes sans grand intérêt, car elles ne concernent que son intérêt personnel, et sa petite personne n’a que peu d’intérêt.
L’affaire du financement libyen
Sauf pour l’affaire en cours en ce mois de janvier 2025, dite « affaire du financement libyen », un versement supposé du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi d’un montant de 50 millions destiné à financer la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy.
Car cette affaire concerne aussi la France et sa réputation.
Selon France info du 6 janvier 2025 : « Treize prévenus, dont l'ancien président de la République, sont jugés à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Au cœur de l'accusation, un "pacte de corruption" noué avec l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi. C'est grâce à son argent que Nicolas Sarkozy aurait remporté l'élection présidentielle. »
Voilà pour la version française, nous voulons dire celle des médias subventionnés et qui ne nous fournissent qu’une information bien édulcorée comme il sied au pays des bisounours ; en réalité, une dictature et une censure sous forme de loukoums-marshmallows à ingurgiter quotidiennement pour voir le monde en rose, ce que fait la très grande majorité des Français.
Une version encore plus sournoise que ce qu’ont pu imaginer Huxley avec Le meilleur des mondes et Orwell avec 1984.
C’est un discours différent si l’on se réfère aux médias étrangers qui ne subissent pas cette censure comme, par exemple, le Corriere della Sera du 2 octobre 2012 : « un barbouze était présent au moment du lynchage de Kadhafi par les rebelles. Au sein des cercles diplomatiques occidentaux présents dans la capitale libyenne, la théorie officieuse la plus répandue est que, si des services étrangers sont effectivement impliqués, “alors il s’agit presque certainement des Français”. Et d’ajouter : “Le fait que Paris ait voulu éliminer le colonel Kadhafi est un secret de polichinelle.” Le raisonnement est bien connu : dès les premiers signes de soutien de l’OTAN à la révolution, en grande partie sous l’impulsion du gouvernement de Nicolas Sarkozy, Kadhafi a menacé de révéler les détails de ses liens avec l’ancien président de la République, à commencer par les millions de dollars versés pour financer sa campagne électorale en 2007. “Sarkozy avait toutes les raisons de faire taire le raïs au plus vite”, nous ont répété samedi 29 septembre des sources diplomatiques européennes à Tripoli. »
Il serait étonnant que le procès en cours consente à évoquer cet aspect de l’affaire qui est pourtant, et de loin, le plus important de tous.
590 tonnes d’or, soit le cinquième de la réserve d’or française, bradées par Sarkozy en 2004
Il était alors ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie du gouvernement Raffarin lorsqu’il décida de se débarrasser à bas prix de 590 tonnes d’or de la réserve qui s’élevait à 3024 tonnes soigneusement gardée au lieu-dit « La Souterraine » en plein cœur de Paris. Pourquoi ? Eh bien, nous ne voyons pas d’autre raison que de plaire à ses amis américains pour lesquels la référence au dollar devait remplacer l’étalon-or, prétextant le fait que d’autres pays européens en faisaient autant (les Etats-Unis se sont bien gardés, eux, de toucher à une seule once de leur réserve de Fort Knox, environ 8200 tonnes).
« A partir de l’été 2007, la crise financière a provoqué l’abaissement sensible des taux d’intérêt, alors que l’once d’or s’appréciait en moyenne de 20 % sur l’année. […]
La Banque de France n’en a pas moins poursuivi son programme de cessions jusqu’à son terme. Les autres banques centrales nationales qui avaient entrepris des programmes de cession les ont interrompus plus tôt (Belgique en 2005, le Portugal en 2006, l’Autriche et l’Espagne en 2007). (Nicolas Perrin, Veracash, Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il décidé de vendre l’or de la France ? 27 mars 2023)
« Et quid de l’or ? Disséminés dans des « private gold hoards », des fonds privés, des « cumulards » d’or. La partie du stock d’or de la Banque de France qui a été revendue est donc intraçable et la France ne pourrait pas le récupérer à moins de racheter de nouveaux stocks à un prix 5 fois plus élevé. Ce geste à contre-courant ne reflète aucunement la valeur que projettent les Français dans l’or, seule valeur refuge en cas de faillite bancaire.
La vente, elle, n’a rapporté que 4,67 milliards d’euros à l’époque. » (Jean-François Faure, L’or et l’argent, 2004 : soldes sur les réserves d’or de la France ! » 27 mars 2023)
Le kilogramme d’or au 10 janvier 2025 est coté 83.500 euros ; donc, actuellement, 590 tonnes vaudraient 49.265 milliards, soit 10 fois plus que ce qui a été vendu à 4.67 milliards d’euros à l’époque.
La réintégration de la France dans l’Otan
L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, sur l’initiative des Etats-Unis, du Canada et du Royaume-Uni, voit le jour le 4 avril 1949, et regroupe, avec plusieurs pays européens, 12 pays dits « Occidentaux » qui constituent le « bloc de l’Ouest ».
Ce regroupement, essentiellement de nature défensif, a été décidé dans le but de se prémunir d’une éventuelle offensive de l’Urss, à la suite du blocus de Berlin opéré par cette dernière le 24 juin 1948.
L’Urss répliquera en fondant le Pacte de Varsovie, le « bloc de l’Est », le 14 mai 1955, qui regroupe les pays communistes de l’Europe de l’Est.
La disparition de l’Urss n’a pas fait disparaître l’Otan, comme cela aurait dû être logiquement le cas, puisqu’elle avait été créée pour parer à une éventuelle attaque de l’Urss contre l’Occident (E.U, U.E., Israël). La Russie qui a remplacé l’Urss n’a jamais attaqué personne, sauf dans le cas où des populations russophones ont demandé son intervention pour arrêter le génocide en cours perpétré par les Otaniens sous drapeau ukrainien (2014, Donbass, 14.000 civils tués), et encore la Russie n’est-elle intervenue qu’après de multiples tergiversations afin de ne pas déclencher de conflit plus élargi.
Le général De Gaulle avait eu la sagesse de se retirer de l’Otan le 7 mars 1966.
Sarkozy, comme il sied à un américanolâtre, a réintégré la France dans l’Otan le 7 novembre 2007. Il avait déclaré le 9 septembre 2011 à l'ambassade des États-Unis en France : « Je resterai très fier d'avoir été le président qui a fait revenir la France dans le commandement intégré de l'Otan. Pour le plus grand bénéfice de l'Otan et pour le plus grand bénéfice de la France. » Quelques jours plus tôt, il s'était déjà félicité du retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, estimant que celui-ci avait permis à la France de jouer un rôle de premier plan dans l'intervention militaire de 2011 en Libye qui a conduit au départ de Kadhafi ». (Wikipedia)
De fait, l’Otan est devenue le bras armé de la C.I.A dont le travail consiste à créer des guerres partout dans le monde afin d’alimenter le complexe militaro-industriel américain et, par la même occasion, de complaire à la politique expansionniste des USA et à sa volonté farouche de conserver le leadership d’un monde unipolaire.
L’Otan et la C.I.A. sont des organisations mafieuses qui ont fomenté la plupart des guerres qui ont secoué le monde d’après 1945 en employant toujours la même méthode : incriminer le pays qu’on veut détruire ou dont on veut exploiter les richesses et le bombarder sur la base d’allégations mensongères et la fabrication de fausses preuves (par exemple, l’Irak et la Syrie, en arguant de l’utilisation de fausses « armes de destruction massive » ou le bombardement des populations serbes avec le faux « massacre de Racak » au Kosovo, et bien d’autres…)
Nous avons souligné dans notre dernier article Syrie : les racines du chaos le danger d’une émancipation en cours de la C.I.A. de son pays d’origine et, donc, d’actions qui ne seraient plus contrôlées par ce dernier, la C.I.A. agissant alors en électron libre, entraînant l’Otan à sa suite.
La prise en compte de cette éventuelle scission par la nouvelle administration Trump semble effective. La nouvelle responsable du renseignement américain, Tulsi Gabbard, est chargée de la désamorcer.
Référendum sur l’Europe en 2005 : le vote des Français bafoué
Nous avons gardé le meilleur pour la fin.
Le référendum français sur le « traité établissant une Constitution pour l'Europe » eut lieu le 29 mai 2005. Les électeurs devaient répondre à une question : « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ? ».
Les Français répondirent nettement « non » avec 54.68% des suffrages exprimés, soit 2.641.238 voix de plus que le « oui ».
Le site consacré à l’histoire, herodote.net, du 27 février 2021 souligne que « le résultat du scrutin consterne la classe politique et médiatique qui croit y voir la victoire de l'ignorance et du populisme (les hommes politiques qualifient de « populiste » tout mouvement qui leur est opposé et bénéficie, au contraire d'eux, de la faveur de l'opinion) ».
Ce rejet (suivi par celui des Néerlandais) entraînait la non-ratification du Traité élaboré par les 27 membres de l’Union européenne.
Qu’à cela ne tienne, quand on ne peut pas passer par la porte, on passe par la fenêtre.
Les vingt-sept États membres de l'Union européenne signent, le 13 décembre 2007, à Lisbonne, un nouveau traité reprenant les mêmes termes que le traité constitutionnel. Giscard d’Estaing dira : « …le résultat est que les propositions institutionnelles du traité constitutionnel — les seules qui comptaient pour les conventionnels — se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne, mais dans un ordre différent, et insérés dans les traités antérieurs. (…) La conclusion vient d'elle-même à l'esprit. Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. »
En France, comme dans la plupart des pays européens, les citoyens avaient souhaité être consultés à nouveau par référendum.
Mais Nicolas Sarkozy choisit de faire adopter le Traité de Lisbonne par voie parlementaire, sans consulter les citoyens, en convoquant le Congrès à Versailles le 4 février 2008 pour modifier la Constitution française et permettre la ratification du nouveau traité par le Sénat et l’Assemblée nationale alors même qu’un sondage IFOP/ParisMatch confirme que 71% des Français souhaitent un nouveau référendum.
La juriste Anne-Marie Le Pouriet, dans Le Point, parlera de « haute trahison ».
C’est par ces mots que nous terminons cet article, comme nous l’avons commencé.
Pierre-Emile Blairon
Notes:
[1] Faits et documents n° 235 et 236.
[2] Ibid.
[3] https://www.facebook.com/photo/?fbid=948632340562358&set=a.105970318161902 Voir aussi notre dernier article, Syrie, les racines du chaos : https://nice-provence.info/2024/12/22/syrie-racines-chaos/
[4] https://www.lefigaro.fr/politique/sarkozy-l-americain-j-en-suis-fier-comment-la-fascination-de-l-ex-president-pour-l-oncle-sam-a-faconne-sa-conquete-en-2007-20241029
[5]https://www.lemonde.fr/international/article/2010/11/30/wikileaks-nicolas-sarkozy-l-americain_1447153_3210.html
[6] https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-04-Kosovo
[7] https://www.dailymotion.com/video/xg46z3_kosovo-kouchner-nie-le-trafic-d-organes_news
[8] Selon le dictionnaire : fanfaron, de l'espagnol matamoros (« tueur de Maures »), formé de matar (« tuer ») et moros (« Maures »).
[9] https://www.dailymotion.com/video/x81qd6
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vendredi, 17 janvier 2025
Le « Trumpisme » et la subalternité proclamée de l'Europe
Le « Trumpisme » et la subalternité proclamée de l'Europe
par Daniele Perra
Source: https://www.ariannaeditrice.it/articoli/il-trumpismo-e-la...
Selon A. Douguine, le « Trumpisme » (qui assume le rang d'une véritable idéologie) serait une sorte de « force multipolariste passive », dans le sens où il n'aurait rien contre la réalisation d'un ordre mondial multipolaire et, par conséquent, ne ferait rien de concret pour l'empêcher. Une telle considération découlerait d'une interprétation problématique (à mon avis) de la soi-disant « doctrine Monroe » qui est (toujours à mon avis) indûment opposée à la « doctrine Wilson » ; comme si les deux approches géopolitiques étaient aux antipodes au sein de cet agglomérat que l'on pourrait très généralement définir comme l'« idéologie américaine » (fondée essentiellement sur les thèmes théologico-protestants de la « prédestination », de l'« exceptionnalisme » et du « mythe de la frontière »). Ayant lu (et non oublié) Carl Schmitt, en revanche, j'ai tendance à considérer la « Doctrine Monroe » comme la première manifestation réelle de l'impérialisme américain et, par conséquent, la « Doctrine Wilson » comme son évolution, pas nécessairement en contraste avec la première.
Schmitt rappelle d'ailleurs que l'insistance sur le thème de la « prédestination » (la croyance en la « prédestination ») n'est « que l'intensification extrême de la conscience d'appartenir à un monde autre que le monde corrompu et condamné au déclin ». Il en fut ainsi pour les Pères pèlerins qui quittèrent l'Europe ; il en est ainsi pour le "Trumpisme", qui cherche à s'imposer comme une nouveauté par rapport à la "culture progressiste" décadente d'une partie des élites oligarchiques nord-américaines.
En ce sens, toujours selon A. Douguine, la nouvelle élection de Donald J. Trump représenterait une sorte de « révolution ». La réalité semble bien différente. Le « trumpisme », en effet, pour un étudiant attentif de la géopolitique (sous tous ses aspects), ne peut apparaître que comme l'une des innombrables formes de « reproduction constante des formes d'appartenance ». Prenons un exemple classique.
À la fin des années 1970, entre scandales et défaite désastreuse au Viêt Nam, les États-Unis semblaient avoir perdu leur élan vital en tant que leader du soi-disant « monde libre ». L'ascension de Ronald Reagan à la Maison Blanche (plus ou moins les mêmes années que le triomphe entrepreneurial hautement facilité de Trump) a été perçue comme le début d'une « nouvelle ère », sous la bannière d'un esprit patriotique renouvelé étroitement lié au mythe du marché libre et du néolibéralisme. Dans ce cas, les « espaces libres » du marché ont en quelque sorte remplacé l'esprit de conquête de la frontière et l'appropriation conséquente de nouveaux espaces. De même, l'élection de Trump est perçue par les « apologistes de l'Occident » comme une catharsis nécessaire à partir de laquelle redémarrer pour restructurer (et peut-être étendre) leur monde corrompu, éprouvé par la décadence, et proche de la défaite sur plusieurs théâtres.
A cet égard, il faut d'ailleurs rappeler que depuis la fin du 19ème siècle (au moment où le « mythe de la frontière » s'achève), des courants de pensée, qui ont vu le jour au sein des Etats-Unis, ont soutenu la thèse selon laquelle, pour rendre le rêve américain viable, il était (et est toujours) nécessaire que le « mythe de la frontière » susmentionné soit projeté vers l'extérieur afin de « reproduire constamment le sentiment d'une appartenance nouvelle et renouvelée » et de « continuer à vivre la tension réalisatrice » d'un « monde de lumière » (perçu comme tel -soit l'espace pensé à l'origine par les groupes protestants arrivés en Amérique du Nord) qui s'oppose naturellement au « monde des ténèbres » (c'est-à-dire tout le reste, tout ce qui n'a pas été créé par les protestants et qui ne l'a pas été; tout le reste, c'est-à-dire tout ce qui n'a pas été homologué à l'esprit américain).
Le « trumpisme » n'est pas étranger à cette dynamique (pensez au rêve expansionniste vers l'Arctique, avec l'éventuelle et conséquente « territorialisation » de la mer Arctique elle-même). Au contraire, dans un monde où l'État (malgré la mondialisation) reste le détenteur privilégié de la force de coercition, le « Trumpisme » se manifeste comme la tentative ultime de donner à l'Occident hégémonisé par les États-Unis une structure pseudo-impériale dans laquelle les appareils de sécurité sont sous-traités à des agences privées directement liées au centre (à Washington, qui détient la suprématie technologique et économique au détriment des zones périphériques du « pseudo-empire »). Une chose que même les soi-disant « élites mondialistes » n'ont pas réussi à faire.
En d'autres termes, il se présente comme une étape supplémentaire vers la « démocratie dirigée »: une forme politique centrée sur des formes de surveillance numérique dans laquelle les élites ploutocratiques utilisent la technologie informatique et les algorithmes pour réduire l'expérience humaine à des facteurs mesurables, observables et (naturellement) manipulables.
De plus, la prétendue ouverture à la « liberté d'opinion » sur les plateformes de Musk et Zuckerberg ne doit pas tromper ici.
Par conséquent, le prétendu « multipolarisme trumpiste » se résout en une « construction idéale » dans laquelle non seulement les États-Unis maintiennent inchangée leur primauté hégémonique d'appropriation spatiale et de force coercitive au niveau mondial, mais solidifient davantage leur contrôle sur l'Europe: la véritable victime sacrificielle sur l'autel de leur restructuration politique, économique et industrielle.
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jeudi, 16 janvier 2025
L'implication indirecte de l'Asie dans les affaires européennes
L'implication indirecte de l'Asie dans les affaires européennes
Janne Berejnaïa
Compte rendu d'un commentaire du spécialiste du Japon Jeffrey W. Hornung
On parle beaucoup aujourd'hui de l'implication de la Chine, de la Corée du Nord, de la Corée du Sud et du Japon dans les affaires de la Russie et de l'Occident. Mais quel type d'implication prennent-ils réellement ? Dans un commentaire publié sur le site web du portail de la RAND, Jeffrey W. Hornung, chef de la division des études de sécurité nationale de la RAND au Japon et Senior Fellow de la RAND, a fait part de ses réflexions sur les intérêts des quatre pays dans les affaires de l'Occident et de la Russie, et sur le soutien que chaque partie leur apporte.
Le commentaire met en lumière un détail important mais souvent négligé du conflit actuel en Ukraine : l'implication croissante des pays d'Asie de l'Est. L'auteur nous rappelle que des doutes sur la durabilité du soutien américain à l'Ukraine sont apparus bien avant que Donald Trump ne remporte l'élection, suscitant des inquiétudes sur la capacité de Kiev à poursuivre sa propre défense. Mais un autre aspect clé est souligné : l'expansion du conflit au-delà de l'Europe, avec l'implication de nouveaux acteurs venus d'Asie. Dans le même temps, il convient de mentionner que les États-Unis continuent de fournir une aide importante à l'Ukraine. Après la victoire électorale de Trump, les États-Unis ont alloué une aide militaire de 275 millions de dollars à l'Ukraine. Et le 3 décembre, on a appris l'existence d'une autre enveloppe de 725 millions de dollars. Cela ressemble à une ultime tentative des démocrates de donner un peu de puissance à la partie ukrainienne, car les choses pourraient se terminer rapidement, comme le promet Trump. Pour l'instant, cependant, ce ne sont que ses paroles. Qui sait comment la situation évoluera.
L'article définit une guerre par procuration : il s'agit d'un conflit dans lequel deux pays s'affrontent indirectement en soutenant des camps opposés dans un pays tiers. Ces guerres étaient caractéristiques de l'époque de la guerre froide - l'auteur mentionne les crises du Congo et de l'Angola, où les États-Unis et l'URSS ont financé et armé les parties locales au conflit, en évitant de s'impliquer directement. En analysant la situation actuelle, nous pouvons conclure que le conflit en Ukraine devient non seulement une crise européenne, mais aussi une crise mondiale où les intérêts des principales puissances mondiales se croisent. L'implication des pays asiatiques le confirme et indique également un nouveau niveau de tension internationale.
L'article souligne la nature fluide des conflits par procuration, montrant que ces confrontations ne suivent pas toutes des modèles standard. Parfois, le soutien à l'une des parties conduit à l'intervention directe d'une force extérieure, comme ce fut le cas avec l'engagement progressif des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam ou l'intervention soviétique en Afghanistan. Dans ces cas, les superpuissances sont restées impliquées même lorsque les efforts de leurs « mandataires » se sont relâchés pour empêcher l'autre camp de l'emporter.
L'auteur suggère que le conflit entre la Russie et l'Ukraine présente toutes les caractéristiques d'un conflit par procuration. Il est important de noter que Jeffrey W. Hornung affirme que « Moscou a déclaré à plusieurs reprises que l'Ukraine n'était pas une entité indépendante et que la véritable cible de l'invasion russe était l'Occident, en particulier les États-Unis ». Et si l'on a parlé de l'absence d'indépendance de l'Ukraine, on n'a jamais entendu du côté russe qu'il s'agissait du véritable objectif de l'Opération militaire spéciale, à savoir attaquer l'Occident. Les objectifs ont été définis par le président russe Vladimir Poutine en février 2022, lors d'un discours dans lequel il a annoncé cette « opération militaire spéciale » visant à « démilitariser et dénazifier l'Ukraine ».
L'objectif principal est de protéger les territoires qui ont rejoint la Fédération de Russie lors du référendum. En fonction de la situation sur le champ de bataille, certains points des objectifs sont transformés, mais ne changent pas fondamentalement. Il convient de noter que toutes les autres déclarations de l'auteur ont été étayées par des références à des sources, alors que cette déclaration plutôt tapageuse n'a pas fait l'objet d'une telle attention. La Russie a déclaré que l'Occident manipule l'Ukraine et ne fait que prolonger le conflit avec son aide. Cependant, elle n'a jamais dit qu'elle attaquait les États-Unis de cette manière. Les États-Unis eux-mêmes « expriment le désir » de s'impliquer.
Ils ajoutent que, d'autre part, les pays de l'OTAN et leurs alliés soutiennent l'Ukraine par des livraisons d'armes. Bien que l'objectif officiel de l'Occident soit de défendre l'Ukraine, ses actions sont en réalité dirigées contre la Russie. C'est ce que souligne la déclaration du secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, qui a affirmé que « nous voulons voir la Russie affaiblie ». En analysant cette dynamique, on peut voir comment le conflit contemporain dépasse le cadre traditionnel d'un conflit entre deux pays. L'Ukraine devient une arène où l'Occident et la Russie s'affrontent pour la suprématie stratégique. Le conflit prend donc un caractère de plus en plus global, chaque partie cherchant à affaiblir son adversaire géopolitique.
Bien entendu, la majeure partie du commentaire se concentre sur l'implication des pays asiatiques dans tout cela. Selon l'auteur, le soutien de la Chine à Moscou est caractérisé par la flexibilité et la stratégie. Bien que Pékin refuse de fournir directement des armes à la Russie, elle contribue activement à maintenir l'équilibre économique de la Russie. La Chine s'oppose aux sanctions occidentales et utilise ses liens diplomatiques avec les pays du Sud pour tempérer la condamnation internationale des actions de la Russie. L'implication économique de la Chine est également significative. Selon les données citées dans l'article, la Chine représente environ 90 % des importations russes de microélectronique et 70 % des importations de machines-outils. Il convient toutefois de noter que la part de la Russie dans la production de microélectronique et de machines-outils est actuellement en augmentation.
En outre, la participation de la Chine à des exercices militaires au Belarus, près de la frontière polonaise, envoie à l'OTAN un signal fort de coordination militaire et politique croissante avec la Russie. L'auteur indique également que la Corée du Nord agit encore plus ouvertement. Pyongyang a fourni de l'artillerie, des missiles balistiques et envoyé quelque 10.000 soldats au combat. Il n'y a cependant aucune confirmation officielle. Par exemple, le site web de l'agence de presse Ura.ru publie un article indiquant que le commandant de l'AFU a déclaré qu'il n'y avait aucun signe de la présence de Nord-Coréens dans la zone de l'Opération militaire spéciale. Zelensky a affirmé que des soldats de la RPDC avaient été tués et blessés, mais personne ne les a vus, il n'y a aucune confirmation. Et ce, à « l'ère de la technologie ».
Le Japon et la Corée du Sud se limitent à une aide à plus petite échelle à l'Ukraine. Le Japon est devenu l'un des principaux partisans des sanctions contre la Russie, qu'il coordonne activement avec ses partenaires occidentaux. Tokyo fournit également une aide financière et technique importante à Kiev, notamment des drones, des gilets pare-balles et d'autres équipements militaires non essentiels. L'aide cumulée du Japon à l'Ukraine a déjà dépassé les 12 milliards de dollars. Le Japon a également revu ses restrictions sur les exportations d'armes, ce qui lui permet de conserver le stock américain de missiles Patriot utilisés pour défendre l'Ukraine. Sur le plan diplomatique, Tokyo joue également un rôle important en faisant avancer le dossier ukrainien grâce à sa présidence du G-7 et à son engagement auprès des pays du Sud.
La Corée du Sud agit plus prudemment, mais fournit également une aide financière et certains équipements militaires, montrant ainsi son soutien à l'Ukraine dans le cadre de son alliance avec les États-Unis. La Corée du Sud traverse également une période difficile dans le pays en ce moment, et qui sait dans quelle mesure elle pourrait utiliser les armes dont elle dispose. Cette situation de loi martiale pourrait déplacer leur intérêt pour les conflits étrangers pendant un certain temps. Même si la loi martiale sera révoquée lors de la réunion du gouvernement, il y a déjà eu certaines actions en faveur d'un conflit à l'intérieur du pays. Il sera important pour Yoon Seok-yeol de conserver le pouvoir et de stabiliser la situation. C'est peut-être précisément ce qui influencera son implication dans les conflits occidentaux.
L'auteur estime que les actions de la Chine et de la Corée du Nord confirment leur volonté d'affaiblir l'influence occidentale et de renforcer leur position en tant qu'acteurs mondiaux. La Chine soutient la Russie, en évitant un conflit direct mais en renforçant la stabilité économique et militaire du Kremlin. La Corée du Nord, quant à elle, se comporte comme l'allié le plus loyal qui soit, en fournissant non seulement des ressources mais aussi des troupes. Le soutien du Japon et de la Corée du Sud à l'Ukraine, bien que moins agressif, montre l'importance des alliés asiatiques pour l'Occident. Ils contribuent à maintenir l'équilibre face à la montée des tensions et font preuve de solidarité avec la communauté internationale.
Les pays d'Asie de l'Est participent activement à cette nouvelle phase de rivalité internationale, chacun avec ses propres intérêts et stratégies. Le commentaire de l'auteur vise à montrer que le conflit en Ukraine a dépassé le cadre régional et est devenu une arène de rivalité mondiale, impliquant même des pays géographiquement éloignés de l'Europe. L'auteur se concentre sur l'implication des pays d'Asie de l'Est et analyse leurs actions dans le contexte d'une guerre par procuration. L'objectif principal du commentaire est de démontrer comment le conflit en Ukraine s'inscrit dans une confrontation géopolitique mondiale dans laquelle l'Asie de l'Est joue un rôle important mais souvent sous-estimé.
20:31 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, asie, ukraine, russie, chine, japon, corée du sud, corée du nord, affaires asiatiques, affaires européennes, politique internationale | |
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Le Groenland, une obsession américaine
Le Groenland, une obsession américaine
Binoy Kampmark
Ex: geopolitika. ru
L'histoire montre que les empires acquièrent des territoires de différentes manières. Les dynasties étendent leurs possessions par le biais de mariages, comme l'ont fait les Habsbourg. Ou les territoires sont pris par la force des armes ou volés par des traités trompeurs et des manœuvres douteuses. Ils peuvent également être achetés.
Les États-Unis ont étendu une grande partie de leur territoire en l'achetant et en se dotant ainsi d'un empire. L'acquisition de la Louisiane en 1803 pour la modique somme de 15 millions de dollars était audacieuse, opportuniste et extra-légale. Elle a également été initiée par un président américain qui avait romantiquement insisté pour que la jeune république se limite à des activités agricoles dans le cadre d'un modèle ne prévoyant que de petits exploitants. Mais Thomas Jefferson pouvait être rusé et diabolique, et la France, alors sous la férule de Napoléon Bonaparte, l'inquiétait : « Il n'y a qu'un seul endroit sur le globe dont le possesseur est notre ennemi naturel et habituel, et c'est la Nouvelle-Orléans ».
Bonaparte, dont les intérêts sont davantage tournés vers l'Europe, est prêt à céder le territoire pour une somme modique. Les indigènes, bien sûr, ne sont pas consultés. Jefferson, qui avait auparavant prôné la nécessité de respecter la Constitution avec une pieuse méticulosité, l'ignore lorsqu'il s'agit d'acheter des territoires, ce qui n'est pas explicitement autorisé par le document constitutionnel. C'est ainsi qu'apparaissent les premiers signes d'une présidence impériale.
En 1868, l'œil avide du gouvernement américain a montré que la conquête et le contrôle du continent ne se limitaient pas exclusivement à l'expansion vers l'ouest qui, selon l'observation hautaine de Frederick Jackson Turner, finirait par s'achever. Les désirs d'expansion se tournent vers l'Islande et le Groenland comme options possibles vers l'est.
Une publication du département d'État de 1868, éditée par Benjamin Mills Pierce, fait état d'un intérêt plus que passager pour les ressources de l'Islande et du Groenland, en mentionnant le traité par lequel le Danemark devait céder aux États-Unis le contrôle des îles de Saint-Thomas et de Saint-Jean dans les Caraïbes. Le rapport de 1868 encourage l'acquisition du Groenland pour deux raisons importantes : les opportunités commerciales promises par l'exploitation de l'abondance naturelle de « baleines, morses, phoques et requins, morues, saumons, truites et harengs » et la congruence politique de l'obtention d'un territoire flanqué « de l'Amérique britannique dans l'Arctique et le Pacifique ». Le Groenland pourrait ainsi « faire partie de l'Union » et diminuer l'influence britannique dans la région.
Le traité avec le Danemark concernant les Indes occidentales danoises rappelle que les choses ne seront pas faciles. L'acquisition de ce qui allait devenir les îles Vierges américaines était une idée du secrétaire d'État William Henry Seward, une initiative qui avait la bénédiction du département d'État américain. Le destin du traité a été mouvementé : le rejet initial du Sénat américain, principalement motivé par le soutien apporté par Seward au président Andrew Jackson lors de sa procédure de destitution, a été suivi par le rejet du Danemark en 1902. Des doutes subsistaient également quant à l'organisation d'un plébiscite pour les habitants de la région, le Danemark craignant ce que la vie sous la domination américaine pourrait réserver aux habitants noirs, dont on prédisait qu'ils auraient la réputation d'être peu généreux à l'égard des races de couleur.
La Première Guerre mondiale a finalement abouti au transfert officiel des Antilles danoises le 31 mars 1917, accompagné de 25 millions de dollars en pièces d'or, un résultat obtenu en partie grâce aux tactiques d'intimidation du secrétaire d'État américain Robert Lansing. Le secrétaire d'État n'a pas caché que l'une des intentions de l'occupation des îles était d'éviter qu'elles ne tombent aux mains des Allemands.
L'intérêt pour l'acquisition du Groenland s'est développé au cours de la Seconde Guerre mondiale. Une fois de plus, les inquiétudes concernant l'Allemagne sont au premier plan, étant donné qu'elle a occupé le Danemark sans incident en 1940. Les États-Unis ont alors construit la base aérienne de Thulé en 1943. À la fin de la guerre, l'administration Truman n'a pas réussi à séduire les Danois avec un prix d'achat de 100 millions de dollars, bien que la base ait continué à fonctionner sous le contrôle des États-Unis et avec la bénédiction du royaume.
Pendant le premier mandat de Donald Trump, l'obsession de l'achat du Groenland a refait surface comme le fait une éruption cutanée, et l'acquisition du Groenland a été comparée à « un contrat d'achat et de vente d'un grand terrain ». Le Danemark, a suggéré M. Trump, s'est retrouvé avec le Groenland « à perte, et stratégiquement, ce serait une bonne chose pour les États-Unis ».
Selon la plupart des comptes rendus, l'accord avait moins à voir avec la realpolitik qu'avec l'immobilier. Selon le récit de Peter Baker et Susan Glasser sur les événements du premier mandat de Trump, le Danemark recevrait en échange le territoire ignoré de Porto Rico. Ils suggèrent également que cette proposition audacieuse émane d'un vieil ami du président, Ronald Lauder, héritier de l'empire cosmétique Estée Lauder. Trump, dans son style typique, insiste sur le fait qu'il s'agit de sa propre idée.
Comme on pouvait s'y attendre, M. Trump a trouvé la première ministre danoise, Mette Frederiksen (photo), peu impressionnée, réticente et « désagréable ». Pour sa part, la première ministre danoise a déclaré que "le temps d'acheter et de vendre d'autres pays et d'autres populations est révolu. Restons-en là".
Le retour imminent de Trump à la Maison Blanche a ravivé de vieilles idiosyncrasies. Pendant la période des fêtes de décembre 2024, il s'est laissé emporter par des fantasmes jeffersoniens et a promis de reprendre le canal de Panama, qui, selon lui, est exploité illégalement, bien qu'aimablement, par « les merveilleux soldats de la Chine », ainsi que de faire du Canada le 51ème État, avec l'ancien joueur de hockey professionnel Wayne Gretzky installé comme gouverneur, et d'acheter le Groenland.
Le choix du président élu pour le poste d'ambassadeur des États-Unis au Danemark est apparemment basé sur la cour faite à Copenhague, tandis que Trump déclare que la propriété du territoire par Washington est une « nécessité absolue ». Le premier ministre du Groenland, Múte Egede, laisse entendre qu'un tel projet a peu de chances d'aboutir: "Le Groenland est à nous. Nous ne sommes pas à vendre et nous ne le serons jamais". En politique, il est dangereux d'être sans équivoque.
En avril de l'année dernière, la base aérienne de Thulé a changé de nom pour devenir la base spatiale de Pituffik, dans un souci de sensibilité culturelle qui a fait couler beaucoup d'encre. Le ministère de la défense a affirmé que ce changement reconnaissait mieux « l'héritage culturel groenlandais » et reflétait de manière plus appropriée « son rôle dans les forces spatiales américaines ». Le patrimoine culturel groenlandais joue un rôle mineur dans la vision impériale de la base, dont les forces spatiales américaines insistent sur le fait qu'elle « permet la supériorité spatiale » grâce à ses systèmes d'alerte aux missiles, à sa défense antimissile et à ses missions de reconnaissance et de surveillance aérospatiales.
En l'état, la possession du Groenland, au sens officiel, n'a guère d'importance, et la seconde administration Trump agirait sagement en laissant simplement les Danois s'occuper des glaciers et de leurs problèmes. Washington a déjà ce dont il a besoin, et même plus que ce dont il a besoin.
Publié à l'origine dans Counterpunch. Traduction : Àngel Ferrero.
Source : https://www.elsaltodiario.com/estados-unidos/groenlandia-...
13:02 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, donald trump, groenland, danemark, europe, affaires européennes | |
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mercredi, 15 janvier 2025
La fin du premier quart du siècle: ce que nous réserve 2025
La fin du premier quart du siècle: ce que nous réserve 2025
L'avenir de l'Europe en 2025
Ernesto Milà
Source: https://info-krisis.blogspot.com/2025/01/el-final-del-pri...
L'avenir de l'Union européenne n'est guère réjouissant.
La politique européenne est marquée par la dérive d'une cour de fonctionnaires retranchés dans les institutions européennes, sans ligne directrice précise et à la traîne, notamment de l'Agenda 2030 et de l'Accord de Paris sur le climat; ils sont déboussolés parce que leur projet - faire de l'Union européenne la « jambe » régionale de la mondialisation - peut être considéré comme un échec. En effet, la guerre en Ukraine notamment, mais aussi la folie exprimée dans chacun des dix-sept « objectifs » et 164 « cibles » de l'Agenda 2030 et les résultats qui en découlent, sont totalement contraires aux intérêts européens et identifiés à l'« ultra-progressisme »; ils ont pris de court les responsables de l'UE, qui hésitent à changer le cours pris par la fédération, alors même que l'« euroscepticisme » progresse dans chacun de ses États membres. La mauvaise gestion de l'UE dans tous les domaines a réussi à nous rendre « anti-européens », même ceux d'entre nous qui, très jeunes, considéraient la « nouvelle dimension nationale de l'Europe » comme une nécessité pour être compétitifs dans le monde bipolaire issu de la Seconde Guerre mondiale et de la défaite des pays européens (y compris la France et la Grande-Bretagne).
On croit généralement que l'UE est gouvernée par un « conseil des ministres » dirigé par un « président de l'UE ». En réalité, il n'en est rien: le gouvernement effectif est formé par une cour de fonctionnaires, les seuls à bien connaître l'écheveau des « directives », « lois », « règles » et « principes d'action », « traités » et « accords » qui, dans la pratique, constituent un corset d'acier qui empêche la gestion efficace et positive de l'UE. Quant au Parlement européen, ses pouvoirs sont limités autant que son budget est illimité ; son rôle est celui d'une « soupape de sécurité démocratique », mais sans pouvoirs effectifs et sans réelle possibilité de changer le cap suivi depuis la Conférence de Maastricht.
Aujourd'hui, plus que jamais, l'Union européenne est sans doute l'institution la plus anti-européenne jamais créée. De plus, c'est une institution suicidaire: lorsque des accords sont conclus pour faire venir des denrées alimentaires du Mercosur ou d'Afrique, il s'agit de condamner à mort l'agriculture européenne et, dans le cas des pays africains, de leur offrir la possibilité de faire chanter l'Europe en la menaçant de lui couper les vivres, sans compter qu'à partir de janvier 2025, les denrées alimentaires en provenance de ces pays ne seront plus soumises à des contrôles sanitaires, alors que l'on sait que les pesticides, herbicides et fongicides, interdits comme toxiques dans l'UE, sont utilisés massivement en Afrique.
Sans compter que les politiques énergétiques, industrielles et économiques, ainsi que la permissivité en matière d'immigration, dans à peine 20 ou 30 ans, feront que l'UE et chacun de ses membres continueront à baisser en niveau d'industrialisation et seront dépassés par des pays des cinq continents: telle est la tendance actuelle (par exemple, le niveau d'industrialisation, d'armement et d'efficacité dans la gestion gouvernementale est bien plus élevé au Maroc qu'en Espagne, on peut donc imaginer ce que sera la situation en 2050); dès lors la situation de Ceuta sera bien pire en 2050, de même que celle de Melilla et des îles Canaries, et même de certaines parties du territoire péninsulaire).
Le plus terrible est que, chaque année, des dizaines de jeunes universitaires européens quittent le continent, accablés par l'instabilité de l'emploi, les impôts et le manque d'opportunités, pour s'installer dans des pays qui prospèrent à un rythme beaucoup plus rapide, avec une stabilité croissante, une planification et un avenir garanti... tandis que des millions d'immigrants arrivent dans l'UE avec une formation culturelle réduite à quasi rien et sans aucune préparation à l'emploi, en provenance d'autres cultures et religions (avec un pourcentage élevé de revanchisme et de parasitisme économique).
Le slogan « Oui à l'Europe, mais pas comme ça » pourrait être ravivé. Et même l'idée beaucoup plus radicale, mais sûrement beaucoup plus efficace, de « réinitialiser » l'UE et de repartir à zéro dans la construction de l'Europe, étant donné qu'il est maintenant très clair ce qui a échoué dans le projet. Disons-le autrement: « Si l'UE persiste dans la voie tracée depuis Maastricht, l'Europe meurt » ou, enfin, plus clairement encore: “L'UE doit mourir pour que l'Europe vive”.
L'année 2025 commence par une instabilité politique dans les deux «locomotives européennes», la France et l'Allemagne. En Allemagne, la «coalition impossible» des sociaux-démocrates, des libéraux et des écologistes s'est effondrée. De nouvelles élections ont été convoquées pour le mois de février. Tout le mystère de ces élections réside dans la manière dont l'AfD se confortera en moyenne dans le pays. Nous savons que lors des dernières élections régionales dans les Länder de l'Est, l'AfD s'est imposée comme le choix préféré de l'électorat, et la question est de savoir si cette tendance se confirmera également dans les régions l'Ouest. Tout porte effectivement à croire que, dans tous les cas de figure, l'AfD sera également renforcée dans l'Ouest.
Et la question est : combien de temps le centre-droit chrétien-démocrate pourra-t-il maintenir sa « ceinture de santé » contre l'AfD sans subir un déclin de son propre électorat? À l'heure où nous écrivons ces lignes, le chancelier autrichien a chargé la FPÖ de former un gouvernement... ce qui constitue un dangereux précédent pour les stratégies de «cordon sanitaire».
Le fait que des partis similaires gouvernent en Italie ou en Hongrie et tendent à être hégémoniques en Europe centrale et orientale, et même aux Pays-Bas, et sont présents dans tous les pays nordiques, crée des précédents dangereux pour l'issue des élections dans les « locomotives européennes ». En effet, contrairement aux dramatisations des théoriciens du "cordon sanitaire face à l'extrême droite", dans tous ces pays où ces partis sont au gouvernement, aucune liberté n'a été perdue, aucun acquis social n'a été remis en cause: l'État a simplement été mieux géré et les «idées martiennes» des gouvernements progressistes ont été abandonnées.
En France, la gigantesque erreur de Macron fut de convoquer des élections législatives anticipées, avec un résultat inattendu pour lui (il n'a pu éviter une victoire de la gauche grâce au « second tour » et au « cordon sanitaire » contre le Rassemblement national). Cela a fait que depuis lors - pour la première fois en 2024 - deux gouvernements sont tombés et que les socialistes, aujourd'hui chargés de former un gouvernement, rencontrent des difficultés identiques.
Il semble inévitable que, tôt ou tard, Macron soit contraint de convoquer de nouvelles élections législatives et il paraît difficile que, compte tenu du chaos ethnico-social que connaît la France et de l'échec des Jeux olympiques (une vitrine internationale qui a démontré au monde entier que Paris est complètement « arabisée » et « africanisée » et que les délires progressistes de la cérémonie d'ouverture n'étaient rien d'autre qu'un hymne à la laideur la plus emblématique), le même résultat se maintienne. Si les partis de centre-droit continuent, officiellement, à maintenir la politique du « cordon sanitaire », nombreux sont ceux qui, observant les résultats de cette politique - initiée en 2002 avec le passage de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles - concluent qu'elle a conduit à un Front national, devenu Rassemblement national, de plus en plus fort, tandis que le centre-droit s'affaiblit de plus en plus. Il est difficile pour les dirigeants des partis de centre et de centre-droit de rectifier cette orientation, mais il est beaucoup plus probable que l'électorat le fera. Voter pour le Nouveau Front Populaire au second tour, c'est voter pour une « gauche martienne » de plus en plus déconnectée de la réalité et engluée dans ses propres délires d'« ingénierie sociale ».
Quels que soient les résultats de ces deux élections, il faudra y ajouter les changements qui interviendront dans la politique internationale, voire dans la « culture » hégémonique. Il semble de plus en plus clair que le pendule, qui, dans un sens, a atteint sa limite extrême avec le « wokisme » et qui avait commencé son mouvement avec le « politiquement correct », commence à changer de direction. Et cela aura des conséquences dans les pays européens. De plus, il est inévitable que le résultat des élections américaines ait un impact immédiat sur l'Europe. Et, dans ce domaine, la première conséquence sera une augmentation des dépenses de défense. La seconde est la prise de conscience que ce qui restera de l'Ukraine après la fin de la guerre ne rejoindra jamais ni l'OTAN ni l'UE. De même, si l'Europe a besoin d'une « défense commune », l'OTAN n'est certainement pas l'instrument le plus approprié. Sa « remise à zéro » est aussi nécessaire que celle de l'UE. Il s'agit d'adopter une nouvelle politique étrangère: cesser de considérer la Russie comme un « ennemi » et commencer à la voir comme un « voisin » avec lequel les liens commerciaux et économiques n'auraient jamais dû être rompus.
Les conséquences de ces deux processus électoraux n'échappent à personne:
- d'une part, si l'AfD progresse largement aux élections allemandes, le « cordon sanitaire » contre l'« extrême droite » ne pourra être maintenu que dans la durée, au prix de la prise en charge par la coalition gouvernementale d'une partie des budgets de l'AfD, notamment en matière d'immigration, de sécurité, d'énergie et de discipline budgétaire. Il en va de même en France.
- D'autre part, il se peut aussi que le « cordon sanitaire » se brise et que la droite assume la réalité: au 21ème siècle et face à l'Agenda 2030 et aux délires ultra-progressistes, il n'y a que deux positions possibles, soit avec le nouveau conservatisme (régénération + tradition), soit avec l'ancien ultra-progressisme (toujours en avant pour foncer vers le précipice). Il n'y a pas de « troisième voie », sauf au niveau idéal.
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L'OTAN et la peur européenne
L'OTAN et la peur européenne
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/la-nato-e-la-paura-europea/
L’OTAN a peur. Plus précisément, ce sont les pays européens qui constituent, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ossature de la soi-disant Alliance Atlantique qui ont peur. Cette alliance représente, en réalité, une extension du pouvoir des États-Unis, le pays vainqueur de la guerre, qui s’est rapidement organisé pour assumer un contrôle global sur le monde.
Elle fut certes contrée par le Pacte de Varsovie, conçu et mis en œuvre par l’Union soviétique. Mais il convient de rappeler que Staline ne décida d’organiser la domination de Moscou sur l’Europe de l’Est qu’après la création de l’OTAN par les Américains. En d’autres termes, le système de contrôle soviétique de l’Europe de l’Est, indéniablement rigide et oppressif à bien des égards, fut essentiellement une réaction. Une réaction à ce que le Kremlin interpréta, non sans raison, comme un système d’alliances visant à l’exclure et, à terme, à le faire tomber. Ce système, c’était l’OTAN.
Cela devrait déjà nous amener à réfléchir sur la prétendue vocation défensive de l’Alliance Atlantique, une idée constamment relayée par nos grands médias, bien que les raisons en soient rarement convaincantes.
Ce qui devrait nous faire réfléchir encore davantage, c’est le fait que non seulement l’OTAN existe toujours aujourd’hui, mais qu’elle s’est étendue, principalement aux dépens de l’ancien empire soviétique. Elle a pénétré le cœur même de la Russie et a incorporé, outre presque tous les satellites de l’URSS, des « États » comme les pays baltes – Lituanie, Lettonie et Estonie – qui faisaient partie de la Russie depuis trois siècles et qui n’avaient jamais, auparavant, été véritablement « indépendants ».
Cette révolution de l’échiquier géopolitique s’est réalisée, somme toute, avec une rapidité notable et, il faut le dire, avec un cynisme politique remarquable. Car les accords officiels passés entre le président américain Reagan et Gorbatchev, dernier secrétaire du PCUS et, de fait, liquidateur de cet empire, étaient bien différents à l’époque du déclin du pouvoir soviétique.
Profitant du désarroi de la Russie et de son chaos interne durant les années folles et dissipées d’Eltsine, l’OTAN s’est ainsi étendue, dévorant peu à peu ce qui restait de l’ancienne zone d’influence de Moscou, jusqu’à mettre la main sur l’Ukraine grâce à un véritable coup d’État, dirigé par Washington. Comme l’a révélé Victoria Nuland, principale instigatrice de ce coup, un rôle qu’elle revendique encore aujourd’hui avec fierté.
Les conséquences de l’appétit insatiable de l’OTAN
Les conséquences de cet appétit insatiable de l’OTAN sont désormais visibles aux yeux de tous. Une Russie, qui s’est redressée sous la direction de Poutine, n’a eu d’autre choix que de réagir en attaquant le régime de Kiev, lequel réprimait avec une violence inouïe les 30 % de la population d’origine russe, partageant la même langue, culture et histoire. Kiev poussait également ouvertement l’Ukraine dans les bras de l’OTAN.
Un conflit qui, jusqu’à présent, est resté limité au territoire ukrainien et ne s’est pas élargi au niveau européen et mondial grâce à la volonté de Poutine. Il faut dire clairement que, jusqu’à aujourd’hui, c’est presque uniquement le Kremlin qui a empêché l’escalade du conflit, en faisant semblant d’ignorer la présence, sous des bannières masquées, de troupes américaines et européennes aux côtés de l’armée ukrainienne.
Cette volonté d’éviter un affrontement frontal a été mise à rude épreuve par les provocations constantes de l’OTAN.
Et ceci est dit sans éprouver de sympathie particulière pour Poutine ni pour le système russe. Mais la réalité ne peut être comprise que si l’on cesse de la masquer ou de la couvrir d’un épais manteau de mensonges.
Un changement majeur à l’horizon : Le retour de Trump à la Maison Blanche
Cependant, une grande nouveauté se profile : le retour de Trump à la Maison Blanche. Et cette fois, Trump semble décidé à aller droit au but, sans accepter d’entraves ni de compromis.
Trump est convaincu que l’OTAN est désormais obsolète, inutile, voire un fardeau coûteux pour les États-Unis, qui doivent s’en débarrasser.
Il ne s’agit pas là d’une excentricité du président élu, mais bien de la position et de la conviction d’une large partie de la population américaine, et surtout de ce monde industriel et commercial que Trump a ramené, en force, à la Maison Blanche.
Ce monde, cette Amérique, ressent depuis longtemps l’OTAN comme un poids, un fardeau dont il est nécessaire de se défaire au plus vite.
À moins que l’OTAN ne commence véritablement à investir dans l’armement et à se rendre disponible pour le combat. C’est ce que Trump avait déjà demandé, sans détour, à ses « partenaires » européens, les laissant littéralement stupéfaits.
Car le bellicisme de certains responsables européens repose toujours, et en tout cas, sur la puissance des États-Unis. Découvrir qu’il leur faudrait assumer un rôle militaire actif laisse Ursula von der Leyen sidérée et Macron, ou un chancelier allemand déjà sur le départ, sans voix. Et, par pure charité patriotique, faisons semblant de ne pas évoquer l’attitude indécente de la politique italienne, toute entière – majorité et « opposition » – comme l’a surnommée le directeur de notre publication, Augusto Grandi.
En conclusion : Un monde qui a radicalement changé
Pour conclure, quatre-vingts ans se sont écoulés depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est beaucoup, énormément de temps. Pendant ce temps, le monde a radicalement changé. Les défis de la nouvelle époque exigent une attitude très différente de la part de tous les « acteurs ».
Il est grand temps d’en finir avec cette mascarade d’une Europe belliqueuse et belliciste, mais uniquement en paroles. Car, après tout, c’est l’Amérique qui lui offre une « protection », et ce sont d’autres, comme les Ukrainiens, qui vont mourir à la guerre.
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Le lepénisme parodique: avenir de la politique française?
Le lepénisme parodique: avenir de la politique française?
Par Frédéric Andreu
La modernité est d'essence parodique. Tout ce qu'elle touche avec ses doigts sales se transforme tôt ou tard en une doublure spectrale et parodique du réel. Les places publiques de nos villes sont elles-mêmes remplies d'oeuvres parodiques: l'art dit "contemporain". Si la marque de la "Grande Parodie" s'observe dans le champ de l'art, à combien plus forte raison elle s'observe dans les autres aspects de la société !
Je n'invente rien ; René Guénon a largement développé cette thématique au cours de développements intuitifs dont il avait le secret...
Devenu la nouvelle norme politique, le lepénisme n'échappera certainement pas à ce dédoublement du réel. Demain ou après-demain, "tout le monde" sera lepéniste exactement comme "tout le monde" est aujourd'hui gaulliste. La droite sera sans doute lepéniste et la gauche le sera encore plus que la droite.
Jean-Marie Le Pen est mort.
La disparition du "Menhir" semble presque imposer d'elle-même une sorte de pause métaphysique. Le sentiment que les témoins de l'enterrement ont été l'encre avec laquelle l'Histoire s'est écrite. Dans les cafés, les places, les salles d'attente des médecins, on discute. On se regarde. On s'interroge. Un immense point d'interrogation, individuel et collectif, est désormais planté dans notre avenir collectif.
"Que va devenir une France dont la population historique sera devenue minoritaire ? Dans les faits, elle l'est déjà dans beaucoup de quartiers, à Paris, dans d'autres villes, mais les gens de ces cafés l'ignorent car ils ne voyagent pas.
Cette question, lancinante, commence même à hanter le petit microcosme médiatique, les faiseurs d'opinion toujours en retard d'une longueur sur le peuple. Nombre de belles consciences journalistiques qui, hier encore, fustigeaient la personne et les idées de Jean-Marie Le Pen tombent aujourd'hui le masque. Le consensus médiatique commence à se fissurer. Ce qui se disait hier en privé: "L'immigration sauvage est en train de défigurer mon quartier" ; "J'ai rencontré Le Pen ; en fait, ce n'est pas vrai du tout, cet homme n'est pas antisémite" (propos du journaliste Serge Moati), se dit désormais sur la place publique...
Serions-nous collectivement en train de réaliser que l' "anti-Lepinisme" était avant tout un décor en carton pâte ? Un montage ?
Peut-être bien. Comme l'a avoué publiquement Lionel Jospin: "L'anti-fascisme, c'était du théâtre !". Relisons ensemble, chers lecteurs, le courageux propos de Jospin tenu le 29 septembre 2007 au mitan d'une émission de France-Culture :
« Pendant les années du Mittérandisme, nous n'avons jamais été face à une menace fasciste. Donc... tout cet anti-fascisme n'était que du théâtre. Il n'y a jamais eu une situation de menace fasciste. Nous n'étions même pas face à un parti fasciste ».
Nous pesons chaque mot de cette déclaration. Et nous louons Lionel Jospin de l'avoir prononcé. L'anti-lepénisme ne serait donc qu'une posture, voire une imposture ? Peut-être bien. Il servait hier de paravent à la somme des petites hypocrisies individuelles. Il sert le consensus. Et le consensus sert le "système". Hier, le décor ; demain, la parodie. Hier, l'anti-Lepénisme ; demain : "faire du Le Pen sans Le Pen"?
Les générations qui viennent le constateront sûrement: dans dix ans, dans vingt ans, les candidats brandiront les slogans et les analyses de Le Pen afin d'accéder au pouvoir.
Mais ils n'appliqueront pas ses idées. Les moineaux ne peuvent appliquer les idées d'un aigle. Bien sûr que non ! Les moineaux politiques sont faits pour picorer les miettes électorales ; les aigles sont faits pour prendre de l'altitude et observer le petit monde des hommes depuis les hauteurs.
Au-delà des circonstances, au-delà même des hommes qui font l'Histoire, le plus difficile à comprendre - et à faire comprendre - est que la modernité est d'essence remplaciste. Elle est une "doublure" du réel. Elle n'est pas le réel. Elle est son fantôme subliminal qui hante notre château intérieur. Notre imaginaire individuel et collectif.
Ce tropisme du "double" a notamment été décrit dans l'ouvrage « le Règne de la Quantité et les Signes des temps » de René Guénon. Un autre visionnaire. Il n'est même plus besoin de "prouver" ce « règne » puisque nous l' "éprouvons" aujourd'hui tous plus ou moins consciemment. Quand nos rues sont remplacées par d'autres peuples, nos traditions sont remplacées par des machines. Quand les écrans remplacent les dieux. Et ces remplacements sont eux-mêmes remplacés à mesure que la courbe du progrès s'accroît. Le syndrome parodique est particulièrement prononcé dans un pays où l'un des emblèmes nationaux est une construction métallique. La tour Eiffel. Bien que mythifiée en son temps par les artistes de la Modernité, cette tour est, selon une possible lecture anthropologique, le totem du village global. Elle dit beaucoup de ce remplacement des axes véritables, axis- mundis, totem, arbre symbolique autour duquel tourne la société mécanique.
La parole publique est elle-même traversée par ce syndrome du "double". Cela s'appelle la double éthique, le double discours. Un siècle de cette fausse parole aura asséché considérablement la nappe phréatique de la patrie. Les arts officiels, artefacts bidulaires et sans âme, reflètent parfaitement cette fausse parole. Ils reflètent le primas de l'économie sur la politique et celui de la finance sur l'économie.
Je ne vois pas de raison pour que le "lepénisme" ne connaisse pas, lui-aussi, une ou plusieurs doublures subliminales. Depuis la mort du Général de Gaulle, les idées du Général, conspuées hier, sont aujourd'hui banalisées, normalisées. La façade médiatique est une chose ; le réel en est une autre. Le lepenisme risque fort de subir la même inclinaison.
Feu Jean-Marie Le Pen, enterré depuis quelques heures, que l'antilepénisme de décor tombe en miettes. Derrière lui, apparaît un autre décor : le lepénisme sans Le Pen. Le lepénisme dont on appliquera pas les idées.
"Le Pen avait raison sur l'immigration massive ; il avait raison sur l'avortement de masse", les deux processus mortels du système. Il avait raison sur la Russie", sur l'écologie, entend-t-on déjà dans la bouche vérolée de certains journaleux et théatreux qui, hier encore, le conspuaient sans vergogne. Les mêmes qui rampaient dans l'antiracisme de consensus, deviennent des rampants et des repentants du lepénisme.
Des couilles de moineau de ces journaleux et théâtreux, il ne sort que de la pisse.
Ils chantent, ces moineaux, les slogans et les "éléments de langage" que les écoles de "com" leurs ont appris à postuler ; ils peuvent convaincre la société hypnotisée par les écrans, mais les gens de France les conspuent. En fait, ce sont les éternels "bourgeois de 1789", ennemi du peuple. Demain, ils pourront faire élire un candidat "lepeniste" ? Ils le feront d'ailleurs sûrement. Et alors ? Qu'est-ce que cela changera au fond ?
Pour répondre à cette question de prospective, il n'est peut-être pas inutile de rappeler que les vrais pouvoirs sont, en France, détenus par une oligarchie. Cette oligarchie détient l'outil industriel. Et détenant ce pouvoir cybernétique, elle n'a pas besoin de se soumettre au système électoral. Elle n'a même pas besoin de se mêler à la politique. Elle détient l'énergie, le processus techno-scientifique, l'industrie agro-alimentaire, les laboratoires, etc. Pour elle, la politique consiste simplement à s'assurer que le prochain président n'entravera pas le développement du dispositif anthropophage. C'est tout.
Cette oligarchie est le véritable gouvernement mondial d'où les "titans" - ennemis des dieux - tirent leur domination.
Est-il seulement nécessaire de développer ce point ? Il a déjà été explicité notamment par les frères Jünger. Et dans les mythes et les légendes qui contiennent les différents octaves du sens, ces ultra-violets et ces infra-rouges de la compréhension humaine.
En revanche, il n'est peut-être inutile de rappeler un fait historique que beaucoup de français ignorent...
C'est en plein milieu de la nuit que les parents de cette oligarchie se sont réunis pour définir l'hymne national et la devise de leur république. Pour être précis : entre le 3 et le 4 septembre 1870. Et pour être encore plus précis : aux alentours de minuit.
Pourquoi en pleine nuit ? C'est aux historiens de nous le dire. Pourquoi en 1870 et pas en 1789 ? La réponse à cette question est plus aisée à définir. Les témoins vivants de 1789 n'ont guère applaudit à la révolution qui a mit la bourgeoisie au pouvoir. Ils n'ont guère brandit les trois couleurs, le bleu, le blanc et le rouge empruntées au drapeau des États-Unis d'Amérique. Les vrais témoins directs de 1789 n'ont pas non plus applaudit à la république sanguinaire ; ils ont a contrario acclamé le retour de Louis XVIII sous les applaudissements !
C'est donc 80 ans après la révolution bourgeoise de 1789 - lorsque les témoins étaient décédés ou très âgés - que l'Histoire a été réécrite.
C'est bien connu ; l'Histoire est toujours écrite par les vainqueurs.
La république industrielle autoproclamée de 1870 marque une étape déterminante dans la modernité. L'oligarchie mercantile de 1789 est enfin parvenu à son but : monter sur le trône. Cette oligarchie bourgeoise et cosmopolite a tué une grande partie la France organique. Et elle continue de le faire. Elle a exterminé les traditions et les appartenances locales.
Pour ce faire, son tropisme est toujours la « contre initiation ». Sa méthode : la planification techno-administrative. Son but : détruire les cellules protectrices de la société.
C'est pourquoi on peut dire que son instinct véritable est le viol. L'immigration massive lui sert à violer la cellule nationale ; le planning familial lui sert à détruire la cellule familiale ; la piqûre vaccinale, lui sert à pénétrer la cellule biologique.
La nation, la famille, la bio-cellule, sont les déclinaisons d'échelle variable du féminin sacrée. C'est pourquoi, on peut dire, avec René Guenon, que le viol de ce féminin sacré relève de la contre-initiation ou de l'initiation noire. En d'autres termes, du satanisme.
Cette oligarchie peut d'ailleurs s'afficher catholique, protestante, juive ou athée, progressiste ou conservatrice, cela n'a pas plus d'importance que les mots pour le dire. Elle est l'ennemi intrinsèque du peuple, de son Histoire et de son avenir. En d'autres termes : elle est un double parodique de l'aristocratie véritable. Encore et toujours le syndrome du double !
Un détail très peu connu et pourtant hautement significatif : en quittant l'hémicycle cette nuit du 4 septembre 1870, ces braves députés avaient oublié de définir les armoiries de la France.
Étrange, vous ne trouvez pas ?
Simple « détail » de l'Histoire ou, a contrario, signe hautement révélateur ?
S'il est vrai que les blasons reflètent l'' "âme des peuples", le secret des nations, la polyphonie des possibles, alors est-il vraiment étonnant que le blason de la France, cette nuit-là, ait été oublié ?
Celui qui aurait pu recouvrer les armoiries à la France est mort hier. A 96 ans. Sous les cris haineux d'une petite bande d'extrémistes réunis - cela ne s'invente pas - place de la république. Les symboles parlent d'eux-mêmes. Il suffit d'ouvrir souvent les yeux et de regarder.
"[...] Beaucoup de gens qui l'aime l'attendent là-haut.
Beaucoup de gens qui l'aiment le pleurent ici-bas.
Bon vent, bonne mer Papa".
(Marine le Pen, épitaphe à son père décédé le 7 janvier 2025)
14:27 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : parodie, actualité, france, europe, affaires européennes, jean-marie le pen, lepénisme | |
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Le soutien de Macron à Zelensky a coûté à la France 66.000 faillites d’entreprises
Le soutien de Macron à Zelensky a coûté à la France 66.000 faillites d’entreprises
Enrico Toselli
Il est talentueux, Emmanuel Macron. La question est de savoir s’il est plus compétent en politique étrangère, en politique économique ou en politique intérieure. Car le président français, indéniablement infatigable dans ses multiples activités, a pleinement profité du système présidentiel français pour intervenir dans tous les domaines possibles.
Ainsi, grâce à sa clairvoyance, la France a été évincée de l’Afrique, perdant crédibilité et prestige, mais surtout d’énormes revenus et des ressources stratégiques à faible coût. Elle a laissé la place, dans les pays africains, à ces « méchants » Russes que le pauvre Macron combat en Ukraine avec l’argent détourné de l’économie française et des citoyens coupables de l’avoir élu.
Les résultats, brillants, ne se sont donc pas fait attendre sur le front économique intérieur. En 2024, plus de 66.000 entreprises françaises ont fait faillite, un nouveau record des 15 dernières années. Parmi ces nombreux désastres, on compte également celui de la marque historique Le Coq Sportif, fondée en 1882 et désormais placée sous administration judiciaire.
D’ailleurs, la crise est flagrante, et le génial Macron, sans la moindre politique économique crédible, dépense à tout-va uniquement pour soutenir son ami Zelensky.
À cela s’ajoute une instabilité politique totale provoquée par les manœuvres électorales insensées de Macron pour conserver son siège à l’Élysée. Il a organisé le chaos, montant tout le monde contre tout le monde, dans le seul but d’empêcher le succès du Rassemblement National de Marine Le Pen et Bardella. Résultat : quel que soit le gouvernement formé, il ne dispose jamais de la majorité nécessaire pour tracer une voie claire vers la reprise.
La seule issue serait le départ de Macron. Mais il semble ignorer la signification du mot « démission ».
13:50 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emmanuel macron, france, europe, affaires européennes | |
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dimanche, 12 janvier 2025
Groenland: Scène géopolitique d’un bras de fer entre les États-Unis et l’Union européenne
Groenland: Scène géopolitique d’un bras de fer entre les États-Unis et l’Union européenne
par Elena Fritz
Source: https://www.pi-news.net/2025/01/groenland-geopolitische-b...
Depuis sa victoire électorale, Donald Trump a à plusieurs reprises évoqué l’idée que le Groenland devrait devenir une partie intégrante des États-Unis.
Autrefois une île isolée et silencieuse, le Groenland devient de plus en plus le centre d’un jeu d’échecs géopolitique qui attire l’attention des États-Unis et de l’Union européenne. Sa position stratégique et ses ressources naturelles abondantes en font une cible convoitée, et cette lutte d’influence ne restera probablement pas sans conséquences pour l’Europe.
Les autorités locales groenlandaises, qui œuvrent depuis des années à une autonomie progressive vis-à-vis du Danemark, perçoivent cet intérêt croissant de Washington comme une opportunité. D’éventuels investissements américains pourraient aisément remplacer l’aide financière annuelle de 500 millions d’euros que le Danemark accorde à l’île. Mais il ne s’agit pas uniquement d’argent: la question porte sur le pouvoir, l’influence et l’indépendance. Chaque dollar investi par les États-Unis se traduit par une perte de contrôle pour Copenhague.
L’administration Trump avait déjà laissé entendre par le passé son intention de valoriser le Groenland sur le plan stratégique, que ce soit par des contrats d’exploitation des vastes ressources naturelles de l’île ou même par un achat pur et simple de celle-ci. Bien que cette dernière hypothèse semble irréaliste, le message est clair : les États-Unis considèrent le Groenland comme une position clé, tant sur le plan économique que militaire.
Bruxelles sur la défensive : l’UE peut-elle garder le Groenland ?
Toutefois, l’Union européenne ne compte pas rester les bras croisés face à ce bras de fer. Bruxelles n’aura d’autre choix que d’offrir des fonds supplémentaires au Groenland afin d’éviter son rapprochement avec Washington. Le problème ? L’UE a peu à offrir en comparaison des investissements américains ou des garanties de sécurité stratégiques proposées par les États-Unis.
Le Groenland détient les plus grandes réserves de terres rares hors de Chine – des ressources indispensables à la production de technologies de pointe et aux énergies vertes. De plus, les réserves pétrolières de l’île sont estimées à 110 milliards de barils. Bien que l’extraction soit coûteuse et techniquement complexe, un financement adéquat et des compétences spécialisées permettraient d’exploiter ces richesses. Alors que l’UE tarde à agir, les investisseurs internationaux, en premier lieu les Américains, sont déjà sur le pied de guerre.
Danemark : le grand perdant
Pour le Danemark, cette évolution pourrait avoir des conséquences désastreuses. Le développement économique du Groenland grâce aux investissements étrangers renforcerait considérablement les mouvements indépendantistes locaux. Une éventuelle séparation du Groenland représenterait un coup dur pour Copenhague, tant sur le plan symbolique qu’économique.
En parallèle, le Danemark pourrait se retrouver engagé dans une guerre commerciale avec les États-Unis. Les géants pharmaceutiques danois, qui réalisent chaque année des milliards d’euros de chiffre d’affaires sur le marché américain grâce à leurs produits amaigrissants, pourraient devenir une cible pour Washington. La politique de lutte contre l’obésité prônée par l’administration Trump pourrait servir de prétexte pour imposer des taxes ou des droits de douane sur les entreprises danoises. Face à cette menace, Copenhague aurait peu de moyens de défense, étant trop dépendante des revenus générés aux États-Unis.
Conclusion : l’Europe dans une impasse
Les événements autour du Groenland illustrent une fois de plus la faiblesse de l’Europe sur la scène géopolitique mondiale. Alors que Washington agit avec fermeté et poursuit résolument ses intérêts stratégiques, Bruxelles apparaît hésitante et réactive. Pour le Danemark et l’UE, le Groenland devient le symbole d’une perte d’influence dans un monde de plus en plus dominé par la politique de puissance.
Le cas du Groenland montre que l’Europe est reléguée à la périphérie géopolitique, tandis que les États-Unis continuent d’étendre leur emprise. Et Bruxelles ? Elle préfère se concentrer sur des questions idéologiques et bureaucratiques, tandis que l’avenir se joue à ses portes.
14:16 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopolitique, actualité, groenland, états-unis, donald trump, danemark, europe, affaires européennes, zone arctique, arctique | |
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Après des critiques désastreuses: le livre “Liberté” de Merkel ne peut plus être évalué sur Amazon
Après des critiques désastreuses: le livre “Liberté” de Merkel ne peut plus être évalué sur Amazon
Source: https://report24.news/nach-verheerenden-rezensionen-merke...
L’establishment médiatique est très enthousiaste quand il évoque les mémoires d’Angela Merkel, parues tout récemment sous le titre pour le moins ironique de “Liberté” (Freiheit). Les citoyens, en revanche, semblent nettement moins convaincus. Amazon a rapidement décidé de suspendre la possibilité de publier des critiques sur le livre.
“Nous ne pouvons malheureusement pas accepter de critiques pour cet article. Des restrictions concernant la publication de critiques sont en vigueur pour ce produit. Cela peut être dû à diverses raisons, notamment des activités inhabituelles liées aux critiques.”
Cet avertissement, affiché en rouge sur le site d’Amazon, apparaît lorsque l’on tente de laisser un commentaire sur les mémoires d’Angela Merkel.
https://twitter.com/ernsterjuenger/status/186368934200000...
Les “mémoires tant attendues d’Angela Merkel” divisent: si 55 % des 137 évaluateurs ont attribué cinq étoiles, les critiques à une étoile sont implacables. On y lit des commentaires dénonçant une “autocélébration au lieu d’une réflexion critique”. Le refus d’assumer des erreurs politiques ayant eu des conséquences graves est très mal perçu par de nombreux lecteurs. L’un d’eux commente:
“Merkel évite systématiquement de reconnaître ses erreurs politiques. Ni la transition énergétique controversée, ni les défis de la crise de l’euro, ni la polarisation de la société engendrée par sa politique migratoire ne sont abordés de manière critique. Ce qui frappe particulièrement, c’est son manque de prise de conscience des tensions provoquées par l’afflux massif de migrants et de demandeurs d’asile en Allemagne. Bien au contraire, on comprend entre les lignes que Merkel, encore aujourd’hui, continuerait à défendre une politique d’accueil sans limite – sans se soucier des conséquences sociales.”
D’autres qualifient le livre de “provocation” et d'“insulte”, et l’un des critiques a titré son évaluation: “La biographie de la femme qui a mené l’Allemagne à sa perte”. La question se pose : voulait-on éviter que de tels commentaires se multiplient ? Le doute est permis.
Un constat révélateur : au final, on n’a même plus la “liberté” d’exprimer son opinion sur le livre de l’ancienne chancelière… Cela semble bien refléter l’Allemagne qu’elle a laissée derrière elle après 16 ans au pouvoir.
12:23 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Livre, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, livre, angela merkel, allemagne, europe, affaires européennes | |
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